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Chroniques montreuilloises : 13e épisode

Dimanche 23 septembre
12h03 : Dominique Voynet personnel à « Président » (mode sms)

François, je te l’avais dit : Cécile est une nulle, elle ne tient rien ! Ce n’était pas le bon choix. Moi, tu me connais, je suis sûre. Et mon bilan comme ministre de l’Environnement est excellent.

Lundi 24 septembre
10h24 : Jean-Marc Ayrault à Dominique Voynet personnel (mode sms)

Dominique… On attend le verdict dans le procès Erika demain. JMA

10h26 : Dominique Voynet à dircab (mode sms)
Fais-moi adopter une motion de soutien au traité à la con, là, jeudi. TTU !

10h27 : Dircab à « l’amère » (mode sms)
Mais Dominique, le parti a voté contre ce week-end…

10h30 : Dominique Voynet à dircab (mode sms)
T’es con ou quoi ? J’ai pas été claire ? Fais-moi passer cette motion, le reste c’est mes oignons !

Comme souvent à Montreuil, les choses se règlent par textos. C’est toujours pratique quand on n’aime pas la ville qu’on dirige. Mais en l’occurrence, ce jeudi 27 septembre au soir lors du conseil municipal, l’amère devrait faire proposer une motion de soutien au gouvernement et au Traité de stabilité, de coordination et de gouvernance en Europe. Ce, alors que son propre parti a voté contre à une nette majorité le week-end écoulé. Que Le Monde ait demandé la démission de ses camarades ministres semble peu lui chaloir. A dire le vrai, ce n’est pas la solidarité de parti qui l’étouffe.

Les élus se reconnaissant dans le Front de Gauche ont, eux, déposé un vœu pour manifester l’opposition de la Ville de Montreuil au traité austéritaire. Il y aurait donc deux motions différentes au conseil. Sauf que… Sauf que l’amère a demandé aux élus Front de Gauche de « se rapprocher des auteurs de la motion (favorable au TSCG) pour élaborer une position commune ». Comme si le lapin pouvait s’entendre avec la carpe. Ou le fond politique s’accorder avec de basses manœuvres politiciennes en vue de récupérer un maroquin ministériel…

On attend, toujours sur le fond, des prises de position de l’amère et de ses amis sur la situation de PSA et la fermeture du site d’Aulnay. Juste parce que 200 salariés employés par des sous-traitants de Peugeot-Citroën bossent à Montreuil. Je dis ça, je dis rien… Cela répondrait aux injonctions de l’adjointe à l’amère déléguée aux personnes âgées. Icelle a fait circuler un « billet d’humeur », dont j’ai cru au départ qu’il était un « billet d’humour ». Pour ne pas que vous me traitiez d’aguicheur, je vous en communique la conclusion :

« Nous avons été élu(e)-s pour construire une nouvelle réponse mêlant emploi, solidarité, environnement et démocratie renforcée. Oui à l’innovation sociale, environnementale, démocratique…  
Oui aux investissements permettant la relocalisation de l’économie et la mise en valeur des savoir-faire locaux.
Oui à la construction de logements sociaux et privés
Oui à la rénovation thermique de tous les logements, publics et privés.
Oui à un aménagement du territoire équilibré avec des services publics bien répartis.
C’est le nouveau cap que nous avons proposé lors de la campagne municipale de 2008, nous avons été élu(s)-e pour toutes ces raisons !
Un Montreuil plus meilleur, plus solidaire et écologique ! (sic) »

A tout le moins, on connaît déjà le programme d’Europe Ecologie – Le Vide pour 2014. Comme Sarkozy 2012 était le premier détracteur de Sarkozy 2007-2011, EELV 2014 sera donc le premier opposant à l’amère 2008-2013.

Le Cri du peuple à la fête de l’Huma

Pendant ce temps-là, j’ai rencontré le député fictif sur le stand du PCF Montreuil à la Fête de l’Huma. Il m’en a appris de belles. Notamment, « je te donne un scoop Nathanaël » : « Pour 2014, je ne m’interdis rien ». Fleur Pellerin appréciera. L’amère aussi. Le député, lui, apprécie la bière, le rouge plus que le blanc et les gros cigares. Quand je vous dis que c’est un jeune comme les autres.

Et tiens, pour conclure, messieurs du cabinet : ce n’est pas très gentil d’avoir voulu me faire endosser la responsabilité des tracts injurieux, que j’avais dénoncés ici même, ayant circulé à l’encontre du député fictif pendant la campagne des législatives. J’assume de flirter avec la ligne jaune mais je ne verse jamais dans la diffamation. Vous êtes bien placés pour le savoir si je me remémore une discussion téléphonique avec Yves Miramont (« Miracon » selon l’amère) que j’alertais sur des accusations ignobles dont faisait l’objet la rouquine. Je saurai m’en souvenir.

Le choc des titans : le député fictif face au Cri du peuple

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Bonus vidéo : OTH « Requiem pour un démon » (dédicace à @Quibuzzqui)

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« Le Monde » piraté : le hacker parle !

Oui, le quotidien Le Monde a été hacké, consécutivement à la parution de leur éditorial revendiquant la démission des ministres Europe Ecologie – Les Verts. Malgré ses démentis, l’Agence France presse avait bein prépare une dépêche sur le sujet que nous nous sommes procurée. Après la fausse interview de Luc Châtel sur Atlantico et l’éditorial piraté sur le site du New York Times, ça fait beaucoup pour n’être qu’une simple coïncidence. 

Avec quelques amis blogchéviks, nous avons mené l’enquête que les médias ne mèneront pas. Et nous avons retrouvé le hacker responsable du piratage du quotidien du soir. Nous avons recueilli ses propos. Ils font froid dans le dos.

 

Pour ceux qui entendraient mal, voici le verbatim :

« Oui je suis un hacker. Je me suis spécialisé dans le piratage de la presse avec une bande de potes libéraux.
Ça fait des années qu’on pirate les pages politiques des grands journaux comme le Figaro ou Le monde.
Les journaux savent qu’ils sont piratés mais ils ne disent rien à leurs lecteurs. Le scandale serait énorme, vous pensez.
Et les lecteurs ne s’en rendaient pas compte d’ailleurs… jusqu’à lundi dernier où là, c’était trop énorme, ça s’est vu !
J’ai piraté Le Monde et fait un faux édito.
Je venais de faire la fausse interview de Luc Châtel sur le site de droite Atlantico, interview qui a été supprimée par le journal et je me suis dit qu’il fallait que je frappe un grand coup.
C’était super. Faire un faux édito dans LE journal de référence de la presse française, soi-disant réputé pour sa neutralité et son sérieux.
Alors là, j’ai fait du lourd, je me suis carrément lâché.
Le faux édito exigeait de François Hollande qu’il mette fin aux fonctions des ministres d’Europe-Écologie-Les Verts parce que leur parti s’oppose au TSCG !
J’y suis allé comme un bourrin. j’ai traité EELV de « groupuscule irresponsable », j’ai parlé de « tendances dogmatiques », « d’attitude inacceptable ».
Qu’est-ce que j’ai dit comme connerie aussi ? Ha oui, j’ai dit que le Non au TSCG était incompatible avec le sauvetage de l’euro !
C’était énorme, tellement énorme que là, pour la première fois, les lecteurs ont bien compris qu’il s’agissait d’un faux. Un fake édito !
Les lecteurs de gauche surtout.
Le Monde n’a rien dit. Ils maintiennent que l’édito est bien d’eux. C’est normal hein ! C’est toute leur réputation, leur crédibilité qui est en jeu.
Le problème, c’est qu’ils vont se méfier maintenant mais on arrivera toujours à les hacker. Leur système est trop naze ! »

Oui, ces propos font froid dans le dos. Qui témoignent de la profonde maladie de la presse française, tellement sûre d’elle qu’elle n’imagine même pas avouer qu’elle a été piratée. Au fond, c’est à se demander si le vrai éditorial, celui qui n’a pas été publié, n’était pas pire que celui du hacker.

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Bonus vidéo : Public Enemy « Don’t Believe The Hype »


TSCG : Fabius ne veut pas « se déjuger », et vous ?

Le Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG) n’en finit pas de remuer les différentes composantes de la gauche. Le week-end qui vient de s’écouler a vu le conseil fédéral d’Europe Ecologie – Les Verts s’opposer, par 75 % des voix exprimées, à ce traité qui grave dans le marbre l’austérité ad vitam aeternam. C’est un bougé assez significatif qui a causé encore une de ces sorties dont est coutumier Dany le jaune.

A tout le moins, EELV a le mérite d’une certaine cohérence, que je salue, alors que je n’ai jamais été avare de critiques contre ce parti. L’issue de son conseil fédéral témoigne de l’élargissement du front du refus, par rapport à un traité qui prive la représentation démocratique élue par le peuple de ses derniers outils d’action.

Ce week-end, j’ai eu l’occasion de retrouver, grâce à mes amis de la Télé de gauche, un certains nombre de déclarations émanant de sommités du parti dit « sérieux ». Je vous les laisse regarder et partager.

On va commencer par l’ancien héraut du « non socialiste » en 2005, Laurent Fabius :

 

La sortie de Benoît Hamon n’est pas mal non plus :

 

Arnaud Montebourg laisse rêveur :

 

Jean-Marc Ayrault se fait le porte-parole du groupe des députés socialistes :

 

Enfin, pour la bonne bouche, le résident de la république n’est pas inintéressant :

 

En contrepoint, je vous laisse écouter et regarder ce que disent certains de mes amis proches dans la petite vidéo tournée à l’occasion de la Fête de l’Huma.

 

Je veux bien prendre les paris pour savoir qui, à la fin, se « déjugera », selon les jolis mots du ministre des Affaires étrangères.

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Bonus vidéo : Patti Smith « People Have The Power »


Chroniques montreuilloises : 12e épisode

Et oui, c’est le moment pour votre feuilleton favori de reprendre sa diffusion. Oh ! Je me passerais bien, parfois, de cet exercice qui me grime par trop en pamphlétaire cruel alors que je ne suis qu’amour et gentillesse, dans le fond. Las, il sera dit, jusqu’au bout, que l’amère ne m’aura jamais laissé un instant de répit. Chaque jour qui passe donne matière à un nouvel écrit. A bien y réfléchir, il ne me manque que le temps et l’envie pour transformer ces Chroniques en quotidien. Amis du cab, ne paniquez pas : j’ai d’autres choses à faire, je garderai notre rendez-vous des conseils municipaux.

Oui, il y a conseil municipal ce soir avec un point unique à l’ordre du jour : l’adoption du Plan local de l’urbanisme (PLU) modifié suite à l’arrêt du tribunal administratif qui l’a retoqué. Qu’on se rassure, il n’y aura pas de débat. En l’occurrence, nous l’avons mené, nous autres, ce débat et pas plus tard que lundi 10 septembre salle Franklyn. Je me demande s’il peut y avoir vote. Si j’en crois les élus Renégats socialistes montreuillois, le PLU nouveau est adopté depuis sa rédaction. La preuve en image est là :

Cette photo a été prise lundi 10 septembre, le conseil a lieu ce jeudi 13 septembre

Il y a urgence, pensez-vous. Les « projets » de l’amère seraient bloqués si cette procédure d’urgence n’était pas mise en œuvre. En français : ces projets – comme le parc aquatique écolo-destructeur – ne verraient pas le jour avant 2014, comme prévu, donc manquerait au bilan sur lequel celle qui va encore se prendre une avoinée compte se faire réélire. Il y a donc urgence et Toutpetitjean, maître ès jésuitisme, développe une rhétorique totalement absconse sur son site. En substance, la voici : il faut adopter le PLU qu’on n’a pas modifié, on le révisera en discutant avec les habitants après son adoption… Je cède la parole à Gaylord qui explicite sur son site :

« Comble du cynisme, l’élu à la démocratie locale lui-même revendique le fait que les modifications apportées soient « restées mineures pour ne pas avoir besoin de concertation préalable ». Encore plus hallucinant : sur le fond, le même élu reconnaît les imperfections de ce document, en particulier sur le secteur des Murs à Pêches et du Bas Montreuil et d’expliquer non sans rire que c’est la raison pour laquelle il va être nécessaire de réviser le PLU… avant même qu’il ne soit adopté. »

Toutpetitjean est fou ou il se fout de nous. Ce type, élu en charge de la démocratie, veut faire accroire qu’il fera en un an et demi ce qu’il n’a pas fait en quatre ans…

« Mais pourquoi personne ne m’aime ? »

De toutes les manières, il règne un vent bizarre dans les couloirs de l’hôtel de ville. Au courant du mois d’août, j’ai eu un échange de textos assez stupéfiant qu’il me faut vous faire partager :

– « Lui : Heureusement que tu ne bosses plus en mairie, il fait pas bon être franc-maçon dans les services en ce moment. Chasse aux sorcières ?
Moi : Tu déconnes ????
Lui : Heu… sur ce point, je suis un peu à court d’humour.
Moi : Tu tiens ton info d’où ?
Lui : T’inquiètes, mes sources sont sûres et fiables.
Moi : Tu as un témoignage, un document ?
Lui : C’est chaud là. Ecris un truc, et je ferai relire.
Moi : OK. »

Je discutai récemment avec un militant Europe Ecologie – Le Vide, ancien communiste, qui me disait : « J’ai connu ça dans les mairies cocos dans les années 80. Mais là, mes camarades sont vraiment dans le syndrome de la forteresse assiégée. » Je partage l’analyse sans la découvrir, ayant déjà invité l’amère à ne pas avoir peur. D’expérience, je sais que ce syndrome ne permet jamais la victoire électorale.

Du côté des chapelles dites « socialistes », ça ne va guère mieux. Remis, j’’espère, de sa cuite commémorative, le député fictif ne sait plus s’il va voter contre le TSCG ou s’abstenir. Il ne doit pas faire très sérieux pour Solférino puisque c’est la secrétaire d’Etat à l’économie numérique, Fleur Pellerin, qui multiplie les apparitions publiques politiques dans la ville où elle est revenue habiter. Ça en fait du monde sur la corde à linge. A moins que les informations qui me parviennent sur le futur enterrement d’Alexie « qui ? » Lorca ne se révèlent justes.

Fleur à Montreuil ? Pour l’amère, c’est le bouquet

L’année qui vient va être encore drôle. A pleurer.

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Bonus vidéo : The Jam « In The City »

 

 

 


Ayrault version Kâ : « Ayez confiance ! »

« Ayez confiance ! », « faites-moi confiance ! », « votez la confiance »… Tel le serpent du Livre de la jungle de Rudyard Kipling, le nouveau premier ministre nous invite à lui voter une sorte de chèque en blanc ce mardi 3 juillet à l’Assemblée nationale. L’exercice est convenu, qui permet de mesurer les forces en présence. Le parti dit « sérieux » en attend que la majorité soit au garde à vous. Par « majorité », il entend, bien évidemment, l’ensemble de la gauche. Y compris notre groupe de députés Front de Gauche. J’ai déjà expliqué la manœuvre, qui expliquait les appels du pied pressants au Parti communiste pour qu’il rejoigne le gouvernement : il s’agit bien de faire porter la responsabilité de ce qu’il ne faut surtout pas appeler la « rigueur » à l’ensemble des forces progressistes. Exit donc la possible alternative à gauche.

Jean-Marc Ayrault parle aux Français

Pour ce faire, le nouveau locataire du perchoir, le très démocrate Claude Bartolone, n’hésite pas à faire usage de la menace voilée. Estimant que ne pas voter la confiance « c’est toujours grave », il a appelé à « discuter », « car quand un pays est dans la situation qui est celle de la France actuellement, plus nous serons rassemblés et mieux ce serait ». A bon entendeur… Au demeurant, nous avons déjà mesuré dans notre chair ce que signifie « discuter » dans la bouche du capo séquano-dyonisien. On notera qu’il n’est jamais question de politique, d’orientation structurante à l’action gouvernementale mais bien de rapports de pouvoir chez Bartolone.

A croire que le parti dit « sérieux » ne ferait plus de politique ou, à tout le moins, aurait renoncé à ses grandes envolées de campagne sur la « croissance ». L’ardoise du Canada dry de politique austéritaire que nous présentera Ayrault cet après-midi s’élève à 10 milliards d’euros cette année. L’an prochain, ce serait 33 (« dites 33 », clame le docteur) si l’on en croit le membre du parti dit « sérieux » Didier Migaud, président de la Cour des comptes. Notons en passant que le PS ne fera pas de clientélisme électoral : les fonctionnaires ne bénéficieront pas d’une revalorisation du point d’indice (la base de leur traitement), point gelé depuis 3 ans. Mais ne dites pas que le hollandisme est une version rose pâle du sarkozisme, ce serait mal.
Les différences sont grandes ! Enormes même !

En matière de rigueur, sans prononcer le mot, Hollande fait ce que Sarkozy a promis. Après les paroles, les actes. Si cela ne constitue pas une différence de taille, vous êtes mesquins. Ce serait donc à cette démarche qu’il faudrait faire confiance absolument. Le président Didier Migaud précise que cette cure de non-rigueur a pour objectif de « rétablir la crédibilité de la France vis à vis des partenaires européens comme de ses créanciers ». En clair : il appartient aux Français de raquer pour les erreurs de stratégie politique de Sarkozy et Fillon. Sauf qu’il ne s’agit pas d’erreur mais d’une vraie orientation partagée entre le parti dit « sérieux » et l’UMP : hors du capitalisme, il n’y a pas d’avenir ; sans aller plus loin dans l’Europe des marchés financiers et des banques, on ne s’en sortira pas. Y a-t-il une démonstration à l’appui ? Que nenni. Nous sommes dans les mathématiques, cette doxia est un axiome qu’il convient d’accepter. Et puis c’est tout.

Nous autres, du Front de Gauche, avons passé plus d’un an (je ne parle que de la campagne électorale) à démonter cette argumentation. Nous avons démontré, a contrario, que d’autres pistes devaient être explorées. Parmi lesquelles, la relance de la consommation par la hausse conséquente du pouvoir d’achat ; la création d’emplois qui en découle mais que nous pourrions encore accélérer notamment en répondant aux besoins non satisfaits pour des millions d’habitants de ce pays ; en finir avec le diktat de la dette qui n’est qu’une absurdité même dans l’économie capitaliste et dont les Argentins nous ont prouvé que s’asseoir dessus constituait plutôt un mieux pour la plus grande part de la population…

Après avoir dit cela, l’avoir seriné sur tous les tons, il faudrait qu’on oublie notre corps de doctrine pour complaire au sieur Bartolone. Il conviendrait que nous autres nous renions pour qu’Ayrault passe pour le héros de la révolution sociale-libérale. Je cède la parole à Marie-George Buffet, députée de mon département :

« Cet après-midi, je vais m’abstenir lors du vote de confiance. Je fais le faire pour être utile au changement en soutenant d’autres propositions économiques et sociales. La politique d’austérité adoptée dans le nouveau traité européen et mise en œuvre dans les propositions budgétaires vont accentuer le marasme économique, faute d’investissements, ralentir la consommation faute de pouvoir d’achat. »

Voilà, Claude, ta confiance, tu te la mets là où je pense. A toutes fins utiles, ce vote nous situe clairement ! Si nous ne siégeons pas dans l’opposition aux côtés des députés UMPFN que nous avons combattus de toute notre énergie, nous ne sommes pas dans la majorité. Et pour revenir au Kâ Ayrault, j’ai une sainte horreur des serpents.

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Bonus vidéo : The Streets « Going Through Hell (Diplo Remix) »


Montre-moi ce que tu n’augmentes pas et je te dirais qui tu sers

J’aurais pu ou dû titrer cette note « le foutage de gueule c’est maintenant ». Mais la formule commence à montrer ses limites. Heureusement, pour ce gouvernement s’entend, que la résignation dure depuis longtemps. Parce que, là, en matière de symboles, nous sommes servis. L’inflation (l’augmentation « naturelle » du coût de la vie en milieu capitaliste ambiant) est estimée à 1,4 %, ce qui est une estimation basse. Le SMIC va bénéficier de son « coup de pouce » : bilan des courses, + 2 %. Ce qui, enlevée l’inflation, fait une hausse du pouvoir d’achat de 0,6 %. Fermez le ban, mesdames, messieurs. On avait beau s’y attendre, ça fait toujours mal au cul. La hausse est de 21,5 € sans l’inflation, 6,90 € avec.

Oui, je fais, du coup, partie de ceux qui estiment, montrés du doigt par le fellow left blogger Politeeks, que « à première vue le changement Hollandais ne va pas assez vite ». Si je rajoute les 355 créations de postes d’enseignants (!) annoncés par Peillon dans le secondaire, comment te dire ? Oh, oui ! T’inquiète coco, j’ai entendu Jérôme Cahuzac ce matin chez Bourdin et sa sortie sur « les ardoises cachées du gouvernement précédent ». Reste que, dans les deux premiers mois, tout est affaire de symbole. Parce que le symbole donne du sens et pas qu’en termes de direction. Et là, le symbole est fort ! Mon ami nouveau front de blogueur Jean-Charles a raison : « C’est un coup d’ongle ». Vous savez, ce coup donné avec l’ongle qui érafle gentiment la confiance accordée.

Ah ouais… Y a l’Europe, tout ça… Cahuzac encore : « Il nous faudra tenir les engagements du gouvernement précédent et tenir la réduction des déficits publics ». Les dépenses seront gelées à un milliard d’euros. Bon… Ça aussi c’est fait, on dirait. L’austérité n’attendra pas demain. Genre aussi, la « règle d’or » ne sera pas remise en cause. Bien au contraire. Incidemment, en écoutant Fox News version française, on apprend – enfin ! – qu’en septembre prochain le gouvernement français devra présenter son projet de loi de finances aux institutions bruxelloises. C’était un des points du Mécanisme européen de stabilité que nous autres, membres du Front de Gauche, dénonçons, sous les risées, depuis des mois. Je n’ai pas entendu Cahuzac remettre ce point en cause. Merci, m’sieur.

Par contre, j’ai entendu la complainte du patronat : « La hausse du SMIC c’est la môôôrt de l’entreprise ! Rendez-vous compte, ces charges (sic) nous étranglent ». Blah blah blah. Et le présentateur d’Itélé cette fois (Fox même made in France, je ne peux pas longtemps) d’ajouter : « Des critiques relayées y compris à gauche ». Suivez son regard vers la rue de Solferino. Faudrait pas remettre en cause la sacro-sainte compétitivité. Non mais des fois…

Sauf que, je crois l’avoir écrit ici déjà, la France était le 4e pays le plus attractif pour les investissements étrangers, du temps où son « coût du travail » était encore plus élevé qu’aujourd’hui, je parle sous le gouvernement Jospin venant d’accoucher des 35 heures (avec annualisation du temps de travail quand même). Ces fameuses 35 heures n’étaient pas pour rien, d’ailleurs, dans ce regain de compétitivité. Pour utiliser le langage de l’ennemi. Sauf que, aussi, l’économie française a longtemps trouvé son moteur dans la consommation des ménages. Longtemps… avant le gouvernement Merkozy.

C’est drôle comme l’actualité percute les réflexions politiques. Demain, c’est le début des soldes. Les commerçants annoncent des réductions significatives dès le premier jour, genre 50 % et plus, rapport au fait que les ménages ne consomment plus. C’est ballot ! Idem avec les vacances. Rhhoooo, z’êtes relous les gens ! Voulez pas faire un crédit pour soutenir les efforts du « président normal » ? Ah… Vous vouliez bien mais votre banquier veut pas ? Parce que le gouvernement ne soutient pas la relance de l’activité par la consommation ? A croire que c’est une sorte de serpent qui se mord la queue.

En tous les cas, on a compris : montre-moi ce que tu n’augmentes pas et je te dirais qui tu sers. Le PS, fidèle à sa nature, sert les intérêts de la bourgeoisie. La droite n’a pas le monopole de ce choix. Nous, on a rendez-vous jeudi :

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Bonus vidéo : Pigface « I Hate You In Real Life Too »


Hollande, un mois déjà…

Voilà donc un mois que le camarade Hollande est président de la République, un mois jour pour jour. Je ne reviens pas sur le plaisir que j’ai éprouvé à contribuer, au travers de mon petit bulletin de vote, comme quatre millions d’électeurs du Front de Gauche, à dégager Nicolas le petit. Ça, c’est fait et c’est bien fait. Reste que maintenant, c’est Françoué qui dirige la France. Ça ne change pas grand chose en fait.

A la gare de Juvisy, hier encore, j’avais droit aux mêmes cow boys, menton haut, regard méprisant, les mains sur le ceinturon surchargé de matériel répressif. A côté de ça, là où il y en a besoin, comme du côté de square Léon à la Goutte d’or, si j’en crois mes voisins, on ne voit toujours pas l’ombre d’un uniforme si ce n’est, une fois toutes les six semaines, quand une douzaine de bagnoles débarque pour disparaître après. Côté flicaille encore, Gervais Gantchou, inculpé pour rébellion, pourrait être le premier papa expulsé de Manuel Valls, équivalent de Sarkozy séquence 2002-2003. A quand le kärcher ?

Côté social ? Les sociaux-démocrates sont égaux à eux-mêmes. Ça jacasse dans le poste et puis tombe la réalité des décrets. Ce mercredi 6 juin au matin, pour fêter le mensoversaire je suppose, c’est celui sur les retraites qui est tombé. Exit la retraite à 60 ans automatique pour celles et ceux ayant travaillé 41 ans et plus. Le changement de lexique entre « trimestres validés » et « trimestres travaillés » réduit les contours des promesses de campagne à un simple aménagement de la contre-réforme des retraites adoptée en 2010 par la droite. Fillon a beau jeu de se gausser. Malheureusement, j’ai bien peur que, si le parti dit « sérieux » a la majorité avec les seuls députés EELV, il puisse se moquer longtemps. Le sinistre de l’Economie, Moscovici, a bien annoncé qu’il maintenait le cap de la réduction des déficits publics à 3% du PIB, pendant que Hollandréou nous amuse avec la « croissance ».

Le PS tente de déshabiller la gauche

Bref, comme l’autre pays du fromage, le gouvernement Hollande, en actes, est bien en dessous de la ligne des eaux qui marque la gauche.

C’est que l’ancien premier secrétaire du PS est un convaincu du social-libéralisme. Ce n’est pas un hasard si le think tank blairiste français Terra Nova truste les postes de collaborateurs de cabinets ministériels. Cette nouvelle matrice a théorisé le divorce entre le PS et les classes populaires dans une vision purement électoraliste, scellant le renoncement à la transformation sociale. Il n’y aura donc que des ajustements « sociaux » aux mesures libérales prises par les précédents gouvernements. Tant que ces gens-là seront capables d’assurer une majorité seuls. Ou avec la droite ? Hé, doucement amis lecteurs ! Je n’ourdis pas de procès d’intention, moi. Laissons venir.

Et qu’en est-il du camarade Françoué lui même ? Ben… Pareil qu’au PS. Le bon mot comme mode de communication, la communication en guise de ligne politique. Un sourire à la caméra. Une photo Depardon. Et cette belle ritournelle dérivée de Christophe : « Je vous dirais les mots creux ». En fait, ce garçon, en digne héritier de Lionel Jospin, ne fait de politique qu’au trébuchet du rapport de forces. Europe Ecologie-Le Vide s’en est rendu compte à son détriment. Deux petits pour cent aux présidentielles, et même la promesse d’une centrale nucléaire fermée par circonscription donnée ne sera probablement pas tenue. D’évidence, seul une majorité de gauche dépendant du groupe Front de Gauche à l’Assemblée nationale sera de nature à lui imposer une politique un peu à gauche, celle qui, finalement, limite la casse.

Quand on se rappelle les résultats concrets de la politique du gouvernement Jospin entre 1997 et 2002, le nombre de privatisations notamment, l’absence de retour en arrière sur la réforme des retraites 1995, la trahison que représente la signature du traité d’Amsterdam contre les engagements de campagne… Quand on regarde les actes du gouvernement Blair, et aussi ceux du Schröder en Allemagne, tous deux exemples à suivre pour Terra Nova… Limiter la casse serait déjà une jolie victoire. Empêcher les sociaux-libéraux de mener à bien leurs projets hallucinés de libéraliser le marché du travail pour « alimenter la croissance », pour moi qui ne suis pas un adepte de la politique du pire, je trouve que c’est en soi un objectif politique.

C’est aussi cela l’enjeu de ces législatives. C’est aussi pour cela que nous menons campagne, nous autres frontdegauchistes ; c’est pourquoi nous pensons que donner une caution « rouge » à ce gouvernement serait stupide. Le seul moyen de débattre sérieusement avec le parti dit « sérieux », c’est de le battre dans les urnes. Si nous n’y parvenons pas, ce ne sera pas de sa faute à lui. Juste de la nôtre.

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Bonus vidéo : Zend Avesta « A la manière »


L’intox du moment : le PCF au gouvernement

Bulletin d’information météorologique relayé dans la plupart des médias : le PCF pourrait faire son entrée au gouvernement après les législatives. Ce matin, un articulet va même jusqu’à citer un nom, celui de la sénatrice communiste de Paris, Nicole Borvo. La crédibilité de ce nom tient à ce que son entrée au gouvernement pourrait permettre l’entrée de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, au Sénat.

Au Cri du peuple, la question de la participation du Front de gauche au gouvernement est sensible, selon une formulation chère à l’ami Sydné. Du côté du Parti de gauche, la question est tranchée. Dans les conditions actuelles, c’est niet. Du côté de la FASE, Clémentine Autain me confirme que c’est « non » également. Je n’ai pas assez de contacts personnels avec les camarades de Gauche unitaire pour pouvoir être affirmatif, mais j’ai la sensation qu’ils sont assez opposés à l’idée de rejoindre une gouvernement social-démocrate. Reste donc la question de la participation du PCF. Ce mardi 5 juin, Marie-George Buffet a expliqué sur une radio qu’une entrée des communistes au gouvernement serait envisageable sous couvert d’une vraie politique de gauche matérialisée, entre autres choses, par la création d’un pôle public bancaire, l’interdiction des licenciements boursiers… Notre programme partagé, quoi. Jusque là, rien qui ne puisse m’hérisser le poil.

Mais bon, il m’en fallait un peu plus. Ancien de la grande maison Colonel-Fabien, j’y garde de nombreux contacts avec les militants et les cadres intermédiaires du Parti. Durant la campagne des présidentielles et celle des législatives, j’ai eu l’occasion – plus qu’une fois – d’échanger sur ce sujet avec mes camarades membres du PCF. Je ne dirais pas qu’il y a unanimité, mais plutôt qu’une très large majorité se dégage pour une autonomie vis à vis du parti dit « sérieux ». Du coup, ce matin, titillé par cet article mentionnant Nicole, je suis allé à la pêche aux infos pour prendre le pouls étant donné que ce sont les communistes eux-mêmes qui trancheront cette question à l’issue du second tour au travers d’un vote démocratique les 18 et 19 juin de mémoire.

Premier coup de fil à Ian Brossat, président du groupe Front de Gauche au conseil de Paris et membre du conseil national du PCF. Il m’accueille tout sourire :

« Participer au gouvernement ? Est-ce que le PS rompt avec l’austérité ? Est-ce qu’il va mettre en œuvre une politique de reconquête des services publics en revenant sur la Révision générale des politiques publiques ? Je ne prends que ces deux exemples. La réponse est « non » donc je crois bien que notre réponse sera la même ».

Je lui parle de Nicole Borvo, qu’il connaît bien. Il sourit encore. « Nicole, elle serait plus à demander qu’on lui foute la paix qu’autre chose ». Je ne m’en tiens pas quitte pour autant, malgré la confiance que j’ai pour Ian. J’appelle donc un permanent de Fabien, genre assez bien placé. La réponse est laconique : « C’est un enfumage de Solférino ». Ah ! Ce serait donc la faute à ces « salauds du PS », facile ! Mais… Attendez ! Je fouille ma mémoire.

C’est la veille, lundi, après la confirmation des résultats du premier tour des élections législatives pour les Français de l’étranger. J’avais une conversation avec Laetitia Suchecki, candidate dans la 9e. Elle me parle de son score, 4,38 % honorables, et de son appel à faire barrage à la droite au 2e tour. Et de la discussion qu’elle a sur le sujet avec le collaborateur du candidat dit « sérieux » Pouria Amirshahi. Réaffirmant son « désaccord sur la ligne politique », Laetitia prend le temps d’expliquer que, non, il n’y aura pas de logo du Front de gauche sur le matériel de Pouria au second tour. Le collaborateur prend alors sa voix de miel : « Ouais, je comprends. C’est le PG qui vous met la pression ».

Alors… Je récapitule. D’un côté, une rumeur insistante sur l’entrée de ministres PCF au gouvernement, relayée par les médias et partie d’on ne sait où. Mais qui fait rager les camarades de Colonel-Fabien. De l’autre, des échanges informels évidemment entre socialos et militants communistes sur le thème « vous êtes otages du PG ». Mais n’y aurait-il pas là une sorte de cohérence ? Voire une tentative de diviser le Front de Gauche, entre les « irresponsables du PG » d’un côté et les « gentils communistes avec qui ont pourrait travailler » de l’autre ? Ce serait gros comme ficelle, mais… Mais ils n’en sont plus à ce stade les socialos.

Le rêve du PS : sous couvert d’un partage du gâteau, faire porter la responsabilité d’une politique austéritaire au FDG

C’est qu’une caution rouge serait de bon aloi dans un gouvernement bien décidé à marcher dans les pas de son prédécesseur sur les questions économiques, notamment. Il n’y a qu’à lire les propos de l’ancien responsable des questions budgétaires au PS pour s’en convaincre. Didier Migaud, aujourd’hui président de la Cour des Comptes, explique doctement qu’il faut réduire les dépenses avant que d’augmenter les recettes. Certes, Martine Aubry, patronne d’un parti en campagne, plaide officiellement pour une hausse des impôts pour certaines catégories de la population mais… Mais si Colonel-Fabien pouvait donner un soupçon de crédibilité de « gauche » au gouvernement Ayrault 2, ce serait mieux.

Du coup, je suis allé voir ce que dit le porte-flingue officieux du PS, Jean-Vincent Placé. L’encore numéro deux d’Europe Ecologie-Le Vide a ceci d’intéressant qu’il dit tout haut ce que la rue de Solférino pense tout bas. Sur RTL, ce mardi matin, il a déclaré :

« Je trouve que François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont fait un bon gouvernement, équilibré, paritaire, sérieux et compétent. Il ne faut pas trop remanier à mon sens. Le seul remaniement qui me paraît politiquement intéressant, c’est l’entrée du Parti communiste français [au gouvernement]. »

Voilà ! Jean-Vincent peut rêver tout ce que lui demande le parti dit « sérieux », n’en reste pas moins que ce seront les militants qui trancheront. Et pas Solférino qui décidera. Ils auront beau dire et beau faire, visiblement, mes amis communistes aiment bien le Front de Gauche. Et se rappellent aussi très bien de ce que le PS a tenté de leur faire en Seine-Saint-Denis ou dans le Val-de-Marne. Et, il y a peu encore, je devais prendre le temps d’expliquer que Mélenchon est sincère quand il dit qu’il ne participera pas au gouvernement Hollandréou. Moi, j’ai confiance dans mes amis communistes. Bien moins en l’honnêteté intellectuelle des sociaux-démocrates.

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Bonus vidéo : Metric « Speed The Collapse »


Au PS, l’arrogance c’est maintenant

Il n’aura pas fallu longtemps pour que le parti dit « sérieux » renoue avec ses vieilles habitudes. J’avais déjà laissé sous-entendre que, dans la démarche hégémonique qui est la sienne, dénoncée aussi par le Parti radical de gauche, ce parti de caciques avait l’intention d’éradiquer tout ce qui se situe à sa gauche. Preuve en a été donné avec l’échec – qu’il doit assumer seul – des négociations avec le Front de Gauche en vue d’assurer la présence d’un candidat de gauche au second tour dans toutes les circonscriptions. Cela montre bien que le Front de Gauche ne se trompe pas d’ennemi. Nous nous battons d’abord contre cette droite extrêmisée. Il est extrêmement dommageable que la bêtise crasse du parti dit « sérieux » nous pousse à des combats que d’aucuns pourraient qualifier de « fratricides ».

Pas étonnant qu’il ait une vision déformée de la réalité

Le Parti de Gauche a initié cette démarche plusieurs mois en arrière, pour éviter que la division des forces du camp du progrès n’aboutisse à sa disparition dans un certain nombre de circonscriptions à risques. Le Parti dit « sérieux » a tenté de mettre des coins entre les composantes du Front de Gauche, selon la vieille tactique « diviser pour mieux régner ». Cette épreuve a, au final, renforcé la cohésion politique entre nous et le PS a bien dû tomber le masque. L’arrogance est de retour. Inutile de compter sur les barons de Solférino pour comprendre que nous avons utilisé son candidat pour mener l’opération de salubrité publique que constitue la défaite de Nicolas le petit. Il fallait rêver pour imaginer, un instant, que ces ventripotents prennent en compte les 11 % que nous avons mis dans la balance pour que Flamby atteigne les 51,8 % au second tour.

A tout le moins, cela nous éclaire sur les intentions masquées de la cour de François II. A moins que, selon l’adage en vogue depuis la capitulation au sommet de Chicgao, il faille voir là le résultat du constat tragique : il n’y a pas de forces combattantes au parti dit « sérieux », donc rien à retirer. Ah, vous n’avez pas suivi ? Pendant la campagne présidentielle, François Hollande a juré ses grands dieux qu’il retirerait toutes les forces françaises d’Afghanistan. Un petit tour à Chicago, au sommet de l’OTAN, et ce « retrait de toutes les forces » se transforme en « retrait des forces combattantes ». Il n’y a donc pas de combattants au PS, désolé pour les quelques amis qu’il m’y reste.

Miroir, mon beau miroir

Je ne peux évidemment pas appeler « combattants » les candidats iniques de la coalition PS-EELV qui n’ont pour but que de battre les députés Front de Gauche sortant. Cela ne relève pas du combat mais du coup de poignard dans le dos, illustrant mon propos sur leur volonté de nous éradiquer. Dans mon département de Seine-Saint-Denis, il y a deux cas exemplaires. Le premier est Tremblay-Sevran-Villepinte, où Stéphane Gatignon, brutus séquano-dyonisien, réunit le PS et EELV contre le député sortant François Asensi. Le second cas demeure Montreuil-Bagnolet où l’alliance blanc cassé vert pâle pousse la duplicité jusqu’à ne pas présenter de candidat EELV.

Tout cela me conforte dans l’idée que le meilleur moyen de débattre avec le parti dit « sérieux » reste de le battre au préalable. C’est ce pari que nous relevons, avec un Front de Gauche plus uni que jamais. Il n’y aura aucune faille entre nous et nous savons que nous allons transformer la dynamique Front de Gauche des présidentielles en reconduisant tous nos députés sortants et en gagnant de nouveaux sièges contre la droite en premier lieu. Peut être aussi au détriment du PS, mais ce sera de bonne guerre. Qu’il soit clair entre nous, nous regrettons de devoir en arriver là. Attaqués, nous relevons le gant.

Il ne s’agit même pas de créer un « pôle de gauche » dans la majorité présidentielle. Nous sommes loin de cette vision des choses, tant elle ne répond ni aux besoins des citoyens ni aux enjeux de la période. Nous ne serons jamais la caution de gauche d’un gouvernement social-démocrate. Notre position au conseil régional d’Île-de-France illustre ce que nous ferons. Et disons le tout net : nous espérons bien que, sans le Front de Gauche, le parti dit « sérieux » n’aura pas de majorité à gauche. Nous verrons, alors, sans aucun procès d’intention, quelle position sera la sienne : tenir compte du message des urnes ou faire de la basse politique politicienne pour débaucher quelques députés de droite comme François Bayrou ou d’autres. Ce serait drôle que la majorité de François II ressemble à celle du deuxième mandat de François Ier.

Allez, d’ici là : au charbon ! Montrons aux arrogants de quel bois le peuple de gauche se chauffe. Et, par là, que le Front de Gauche n’est pas un feu de paille.

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Bonus vidéo : Motorhead « Traitor »


Le Cri du peuple soutient le plan de reprise de Colonel-Fabien par le PS

Communiqué de presse

L’avenir des 5 000 permanents du PCF ne peut être bradé au nom de la construction politique

Il faut savoir finir un rêve. Aujourd’hui, place du Colonel-Fabien, c’est l’avenir de milliers d’emplois qui se joue : permanents directs et indirects. Fervent défenseur du programme L’Humain d’abord, qui place la défense des salariés comme première priorité, le Cri du peuple ne peut rester muet devant la situation dramatique dans laquelle l’inconséquence des membres du Front de Gauche peut pousser ces plus de 5 000 personnes, avec leurs familles.

Rappel des faits : au cours des années 2000, le cours de l’action PCF n’a cessé de chuter pour atteindre le niveau historiquement bas de 1,8 % en 2007. En 2008, une petite boutique naît, le Parti de gauche, qui propose une alliance au PCF, donnant naissance au Front de gauche. En 2011, les sociétaires du PCF (nommés les « militants »), ou ce qu’il en reste après une énième fournée de départs volontaires et le maintien de la politique qui débouche sur le non remplacement d’un militant parti sur deux, choisissent de s’engager dans la transformation du Front de Gauche en société coopérative ouvrière de production. Sans s’assurer de la pérennité des emplois de plus de 5 000 permanents.

C’est dans ce contexte que la société nommée Parti dit « sérieux », sise rue de Solférino à Paris, propose à Colonel-Fabien, le week-end dernier, un plan de reprise pour un montant de « 4 à 5 circonscriptions gagnables ».

Face à l’aventurisme qui consiste à céder le pouvoir aux sociétaires, le Cri du peuple soutient sans réserve le plan de reprise élaboré entre la rue de Solférino et la place du Colonel-Fabien. Rien ne peut justifier que l’on joue avec l’avenir professionnel, avec le salaire et les avantages acquis, de plus de 5 000 personnes. Surtout pas l’avenir de la gauche en France.

A Paris, le 15 mai 2012

 

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Bonus vidéo : Arcade Fire « Rebellion (Lies) »