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La politique, c’est maintenant !

Bon, ça y est. Comme bien d’autres, dans ma to do list, j’ai pu rayer l’entrée « virer le salaud » de l’Elysée. Ça ne va pas changer tout, ni même changer grand-chose dans le fond. Mais comme je le disais à l’épicier à côté de chez moi, alors que quelques klaxons intermittents retentissaient dans les rues calmes de mon 18e arrondissement si populaire : « ça sent tout de suite moins mauvais ».

Si vous voulez tout savoir, dimanche 6 mai, j’ai utilisé, comme annoncé, le bulletin Hollande pour assurer la victoire des valeurs républicaines face à une droite en voie de fascisation avancée. Je l’avais dit, je l’ai fait, sans gants, sans pinces sur le nez. Il ne s’agit pas d’un geste politique : juste de nettoyer une plaie ouverte depuis 7-8 ans. Ou encore plus précisément : c’est comme enlever une écharde. Ca fait mal mais, après, ça va mieux ! J’ai l’estomac noué une bonne partie de la journée : avec ce genre de pourris accrochés à leur pouvoir, on peut s’attendre à tout. Vers 17h30, l’amie Hélène, au travers d’un texto évoquant une « gueule de bois » laissait entendre que les carottes étaient cuites pour le petit facho. Mais, moi, je voulais attendre pour être sûr. De retour à la maison, l’ordi, le portable, la RTBF, les sms, la RTS… 53-47 ! Twitter est en fusion.

En route donc pour la soirée électorale organisée par le Parti de Gauche dans le 18e arrondissement. Il est sept heures et demie et ils sont déjà pas mal nombreux dans la salle du Café de la Piscine, place Hébert. Ouais… on est comme ça nous, on se réunit place Hébert. C’est encore plus classe que rue Robespierre. Bref, je retrouve Bruno, Danielle, Jean-Michel, cette Claude dont j’ai fait la connaissance place Stalingrad deux jours plus tôt, Alice.. Il y mon voisin blogueur Rue Affre mais pas Stéf Des pas perdus. Il n’y a pas de suspens. A voir les mines des unes et des autres, pas de retournement de situation possible. Le Batave va bien devancer le lointain cousin d’Orban. Quand, finalement, le visage de Hollande apparaît sur l’écran, c’est une salve de « dégage Sarko ! » qui fuse dans le bar bondé. Sentiment du devoir accompli.

Les clients habituels sont venus nous rejoindre. Ils applaudissent aussi. Mais on est loin de l’enthousiasme. Quelques « on a gagné » ; des klaxons timides vers 20h45 ; une voiture avec le nouveau drapeau du parti dit « sérieux » : blanc le drapeau ; un autre véhicule arborant un superbe drapeau français et rempli de Français aux peaux bien tannées… Au demeurant, la tannée, pour Sarko, n’est pas assez nette à mon goût. Et quand je l’entends pérorer son discours, lequel devait être d’adieu et n’est finalement que d’au revoir, je me dis que le plus dur reste à faire. Ce salopard, avec ses projets d’une nouvelle droite très décomplexée, a déjà des idées de revanche en tête. Il nous les a glissées dimanche soir, à qui veut bien les entendre. Et, au final, avec ces idées qui « n’étaient pas factices », a-t-il pris bien soin de préciser, il fait plus de 48 %…

Il va falloir décontaminer sérieusement notre pays… Sauf que les gens du parti dit « sérieux », avec mépris et condescendance, derrière des rapports du Cevipof pour dire que rien n’est grave et que tout va bien, que le FN est encore celui de 1995… Pauvres truffes que vous êtes ! Vous n’avez pas lu, sur vos cartes électorales ? Ce ne sont pas les pauvres qui votent Marine. Mais voilà que je m’énerve alors que vous, amis lecteurs, ne méritez pas mon courroux. Bon… Donc, j’ai ouï quelques mots du nouveau président, entre deux discussions avec des amis de longue date ou d’hier. Dont une Rachida, venue avec son Fabien, et avec qui nous avons appris pas mal. Bien plus qu’en écoutant notre nouveau chef de l’Etat.

Parce que « les réformes de structure », qui doivent audiblement être menées avant une législation sur le pouvoir d’achat ou sur le droit au logement, moi ça ne m’a pas surpris. A dire le vrai, ça n’a pas l’air d’avoir surpris grand monde. Surtout pas la châtelaine de Montretout qui se frotte les mains avec appétit. Peut-être que cette absence de surprise est la raison majeure pour laquelle il y a, dans les quartiers populaires, si peu d’enthousiasme au final.

Cela dit, nous avons fait le boulot. 11 % des voix sur 51 % et des brouettes… Nous avons solidement contribué à virer le facho souriant de l’Elysée. Mais il faut continuer à occuper le terrain : expliquer que le contrat social est à reconstruire ; qu’il y a une autre Europe à construire ; que les richesses doivent être redistribuées ; que le peuple doit reprendre toute sa place. Nous avons cinq petites semaines pour franchir une deuxième étape, comme nos amis Grecs ont prouvé qu’il est possible de le faire.

la politique, c’est maintenant.

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Bonus vidéo : The Prodigy « Breathe »

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A mes amis du Front de Gauche qui ne veulent pas voter Hollande

Chers amis, chers camarades,

Nous sommes au pied du mur. Dimanche, nous avons le rude choix entre Sarkozy et Hollande. Vous êtes encore nombreux à songer aller à la pèche, à voter blanc (!), à biffer le bulletin de votre « non choix » voir à vouloir glisser à nouveau le bulletin frappé du nom du candidat du Front de Gauche. Je le comprends, d’autant mieux que j’ai eu – longtemps – cette même envie. Mais, aujourd’hui, je veux vous inviter à prendre le temps d’y réfléchir. Je veux vous dire pourquoi moi, je vais utiliser le vote Hollande. En espérant que ces quelques modestes mots pourraient vous amener à faire le même choix que moi.

Après la bande du Fouquet’s, le gang du Bristol s’apprête à faire main basse sur la vie

Je vais d’abord évoquer les raisons qui peuvent justifier que l’on ne vote pas Hollande. Il y a tout ce que j’ai déjà écrit, ce que d’autres militants du Front de Gauche ont mis en lumière. Je ne retire rien de ces mots durs que j’ai eu contre le candidat de la social-démocratie, notamment en matière de renoncement devant l’avancée idéologique du libéralisme en France et en Europe. La pantalonnade autour de l’adoption du Mécanisme Européen de Stabilité en constitue la dernière illustration en date et, très probablement, la plus éclairante.

Mais, sur ce point, regardons ce que Sarkozy s’apprête à faire, en héraut des « 200 familles » version 2012 qu’il est. Nicolas le petit est le porteur des intérêts de classe d’une oligarchie qui veut prendre sa revanche sur le Front populaire et le programme du Conseil national de la résistance. C’est à dire qu’il veut, définitivement, liquider les derniers outils de protection sociale collective et républicaine dont s’est dotée la classe ouvrière.

Le 6 mai à 20 heures, la République met une claque à Sarkozy

Je vais prendre le temps d’évoquer la question de la Sécurité sociale, dont le budget annuel avoisine les 500 milliards d’euros. Abondé par les cotisations sociales des employés et, pour les entreprises qui les règlent, les cotisations sociales part employeur, ce budget échappe – pour l’instant – aux appétits du marché. Lequel ne voit pas cela d’un bon œil ! En Grande-Bretagne, aux Etats-Unis, ce secteur de la protection sociale est déjà dévolu aux groupes financiers. L’ambition de Nicolas, frère de Guillaume Sarkozy dirigeant du groupe (encore) paritaire de protection sociale Malakoff-Médéric, demeure d’ouvrir ce secteur protégé à la concurrence libre et non faussée.

Je pourrais aussi évoquer la liquidation des services publics autant nationaux que de proximité pour remettre aux mains des marchés des activités qui lui échappent encore là aussi. Sachons que, sous l’impulsion de la gauche, enfin de sa partie la plus conscientisée, les mobilisations citoyennes tendent à ramener l’activité dans le secteur public, c’est notamment le cas sur l’eau. Un exemple que je connais bien pour y être professionnellement, autant que de manière militante, impliqué. Il y a là bataille colossale tant sur le plan idéologique que financier, pour développer ou casser les services publics.

Assurément, permettre l’élection de Nicolas Sarkozy, c’est lui offrir les moyens de mener à bien la mission que lui ont confiée les tenants de l’oligarchie. Si Sarko et sa bande de furieux conservent le pouvoir, il achèvera la destruction systématique de notre bien commun. Certes, Hollande ne fera pas vraiment mieux. Mais il nous sera plus aisé de mobiliser contre lui si, d’aventure, il osait défier son électorat de cette manière. Quoi qu’il en soit, si Hollande est élu, notre travail continuera dans les urnes avec les élections législatives puis dans la rue. Nous finirons notre travail dialectique qui amène l’irruption citoyenne dans la vie politique en combinant mobilisations de masse et victoires électorales. Voilà, pour la part politique de mon vote.

Il y a, dans mon vote, une part – et c’est la plus importante – de valeurs. Quoi qu’il en soit, Hollande reste un républicain et un démocrate. Je dénie ces qualités au candidat que j’espère bientôt sorti. Il faut lire que Sarkozy assume de reprendre les thèses de l’extrême-droite et que ce n’est pas un calcul tactique. Il faut voir le comportement de ses thuriféraires qui clament, en marge des meetings, « la France aux Français » ; qui s’en prennent physiquement à la journaliste vedette de la version française de Fox news (!), après avoir molestée une journaliste de Médiapart ; qui hurlent leur haine de l’autre. Ce n’est pas cela la France que je veux, celle dans laquelle j’ai grandi et qui me laisse ce doux ressenti d’être chez moi malgré mes origines bien diverses. Il y a en moi de celui qu’on traitait de « boche », du « polak », du basque… Je suis un métèque aux yeux des tenants de l’ordre moral. Jusqu’à présent, j’ai pu vivre cela avec fierté et bonheur dans mon pays. Je voudrais que cela puisse durer jusqu’à la fin de toutes les éternités. Pourtant, c’est avec cette France multiculturelle, avec cette République bigarrée parce que laïque, que Sarko et les siens veulent en finir. Ce projet, à lui seul, mérite qu’on l’écrase à coups de talons.

Si même la droite lâche Sarko…

Enfin, plus le résultat de François Hollande au soir du second tour sera élevé, moins il lui appartiendra. A contrario, un vote étriqué l’amènera à radicaliser ses pratiques politiques à partir de l’affirmation « ces gens ont voté POUR moi ». Ne lui offrons surtout pas ce cadeau.

Voilà, mes chers amis, mes chers camarades, les quelques mots que je voulais vous adresser. Je sais bien qu’ils n’ont d’importance que celle que je leur accorde. Mais j’avais envie de les partager avec vous. Ce n’est qu’un bulletin, qui ne nous engage à rien sur le fond. Le plus important, nous continuerons de le construire ensemble comme nous le faisons depuis 2009. Pensez-y.

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Bonus vidéo : The Rolling Stones « You Can’t Alxways Get What You Want »
(spécialement dédicacé à Solero30 et à son blog)


Ni blanc, ni nul, un vrai bulletin contre Sarko

Je l’ai écrit plus tôt dans la journée : j’avais, au départ, l’intention de voter Mélenchon au second tour de la présidentielle, si le candidat du parti dit « sérieux » était placé haut dans les sondages. J’ai changé d’avis depuis le soir du premier tour de cette élection. Mon vote est clair et définitif : j’utiliserai le bulletin de vote François Hollande, pour battre Nicolas le petit.

Dessin de Jacques Tardi offert au Front de Gauche

J’ai pris en pleine gueule ce 22 avril au soir. Il y a d’abord eu l’intervention de l’héritière de Montretout ; puis, celle de l’hystérique de Neuilly-sur-Seine. J’avais déjà en tête qu’il fallait que cet agité dégage. Pour tout un tas de raisons déjà évoquées ici : sa vision politique arc-boutée sur la théorie du choc des civilisations ; son engagement à démanteler – pan après pan – le pacte républicain et les outils de protection collective issus du programme du Conseil national de la Résistance ; son credo d’une Europe soumise à la loi des marchés. Rien n’a changé en la matière.

A l’évidence, comme je l’ai écrit aussi, le candidat du parti dit « sérieux » ne diffère guère sur le dernier point. Hollande, et son parti, ont montré qu’entre Papandréou et Theodorakis, ils ont choisi. Les choses sont claires de ce point de vue là. Je ne retire pas un mot, ne déplace pas une virgule, des critiques claires que j’ai émises à l’encontre de ceux-là. Initialement, je me réservai le droit de voter pour eux au second tour de la présidentielle en cas de duel serré… Une seule pensée m’animait : le sort de celles et ceux qui n’ont aucun moyen de se défendre légalement : roms et « sans papiers ». Ces deux groupes ont été victimes d’une traque sans merci pendant plus de cinq ans. Pour avoir vécu dans les hauts de Belleville pendant 3 ans, j’ai encore en tête les traques de Chinois clandestins se terminant en véritables rafles. Militant à Montreuil, je n’ignore rien des responsabilités de Sarko dans la situation dramatique infligée aux ressortissants européens que sont les Roms, privés du droit d’accéder à l’emploi et aux prestations sociales sur notre territoire.

Aujourd’hui pourtant, Hollande est donné à 53,5 % des intentions de vote et je vais, quand même, voter pour lui. Si vous m’accordez un tant soit peu de crédit, je vous invite à faire de même. Pour une raison simple. La droite est passée dans une nouvelle dimension qui l’ amène à reprendre à son compte, de manière consciente et assumée, les thèses de l’extrême-droite. Ce qui est en jeu, c’est donc plus qu’une question d’allégeance aux marchés, c’est un choix de société.

Si l’on résume en peu de mots, durant ces présidentielles, les électeurs avaient le choix entre gagner plus d’argent et virer les Arabes. Nicolas le petit et l’héritière de Montretout ont choisi d’apporter la même proposition de réponse : « moins de bougnoules ». Il n’y a plus de différences de programme entre les deux qu’à la marge. Ils se reconnaissent dans une idéologie qui n’a pour moteur que la haine de l’autre, la division des Français, l’asservissement de la classe ouvrière à la finance mondialisée. Dans un scénario à l’italienne, la droite n’a désormais pour seule préoccupation que de savoir qui de Nicolas Sarkozy ou Marine Le Pen détiendra le leadership sur son camp.

Assurément, voter Hollande ne suffira pas à les renvoyer aux oubliettes de l’histoire. Le Front de Gauche a pour vocation de terrasser la bête immonde en éradiquant ses raisons d’être :

  • fin de la concurrence libre et non faussée entre les travailleurs d’ici et d’ailleurs ;

  • Refus des diktats de l’Europe libérale mais construction d’une Europe des peuples et des citoyens ;

  • Reprendre au capital les 10 points de richesses produites en France que la finance a volé au monde du travail.

C’est pour cela que je ferai campagne aux élections législatives avec mes amis Gabriel Amard, Jean-Pierre Brard, Bruno Bellegarde, Riva Gherchanoc et Laetitia Suchecki entre autres. Mais d’ici là, en attendant de nous donner les moyens politiques d’en finir avec les tenants de la contre-révolution, il faut juste réaffirmer un choix de société. Un engagement ferme en faveur de la République et de son triptyque : Liberté, Egalité, Fraternité. Ce choix de société, qui est le mien, m’amène à prendre le bulletin François Hollande, sans illusion mais sans état d’âme, pour battre les tenants du néo-conservatisme à la française. Mon vote ne sera pas un choix politique, mais un choix de valeurs.

Bonus militant : Face à la droite extrême, faire front à gauche le tract d’entre deux tours de Gabriel Amard.

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Bonus vidéo : Sérum « Le Choix »


Ce printemps, Sarko fait fureur

Etape 1

Etape 2

Etape 3

Et le hashtag qui fait fûhrer : #NS2012 (je l’ai sorti le premier)

Bon week-end quand même !

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Bonus institut Pasteur : Les Amis d’ta femme « A las barricadas »


J’ai peur : (une part de) ma police déraille !

Je ne sais pas vous, mais moi, cette histoire de policiers qui manifestent en ce moment, ça me retourne. Selon Philippe Boussion, secrétaire départemental dans le Maine-et-Loire du SGP Unité police-FO, syndicat majoritaire chez les gardiens de la paix, ce mouvement est totalement « spontané » et les syndicats seraient dépassés. Le point de départ de ce mouvement de colère est le meurtre samedi dernier, par un gardien de la paix âgé de 33 ans, d’un homme présenté comme « multirécidiviste » à Noisy-le-Sec, dans mon beau département de Seine-Saint-Denis. Le fonctionnaire a été inculpé d’homicide volontaire par le Parquet, étant donné que l’autopsie de la victime a révélé qu’elle a été tuée dans le dos. Le gardien de la paix plaide, quant à lui, la « légitime défense ». Cette différence de vue a déclenché le mouvement de protestation que j’évoque.

Finissons avec les faits. Un policier inculpé pour meurtre est automatiquement placé hors des effectifs, suspendu donc, sans traitement. La mobilisation de ses collègues a débouché sur deux points suite à des « négociations » avec le cabinet de Claude Guéant, sinistre de l’Intérieur. Primo, le gardien de la paix voit son traitement maintenu ; secundo, il est muté dans la région qu’il souhaitait rejoindre. Pour peu que l’on connaisse les règles de la fonction publique, cela prend les allures d’une quasi récompense. Troisième fait actuel : les policiers en colère ne se contentent pas de ces entorses à la règle, ils réclament la requalification de l’inculpation d’homicide volontaire en légitime défense. Voilà l’un des aspects terrifiants du bilan de Sarkozy. Tuer un homme dans le dos est devenu de la « légitime défense ».

Cela avant même que l’instruction, l’enquête quoi, ne détermine les circonstances exactes de ce qui reste, avant toute chose un drame (j’y reviendrai). Une fois l’enquête menée, il reviendra aux juges de faire appliquer les lois de la République, celles adoptées par la représentation nationale. Pour l’heure, personne, surtout pas moi, ne peut dire s’il y a meurtre prémédité, légitime défense ou autre. Et une inculpation ne vaut pas condamnation. Que je sache, la présomption d’innocence a été respectée pour ce policier. Certes, il est suspendu sans traitement – enfin, il l’était… Mais quand, dans l’exercice de ses fonctions, on tue un homme, ce peut être la moindre des choses.

Parce qu’en effet, policier ce n’est pas un travail comme les autres. Un agent de police a pour mission de faire respecter la loi, l’ordre social – même si ça peut faire grimacer certains d’entre vous, amis lecteurs. Si l’être humain n’avait pas besoin de règles pour vivre en société, cela se saurait. Nous acceptons tous, pour assumer cette part d’animal social qui définit l’humanité, d’aliéner une part de notre précieuse liberté. Pour nous assurer que les règles nous protégeront autant qu’elles assureront la liberté d’autrui, nous déléguons la sécurité à des personnes formées en ce sens. Il y a les élus qui rédigent et adoptent les lois en fonction du mandat que nous leur conférons ; il y a les policiers qui vérifient que les lois sont bien respectées de sorte que chacun vit en harmonie avec l’autre ; il y a les juges qui font appliquer les lois au nom de l’Etat souverain quand il y a manquement à la règle. Cela fait partie du contrat social.

Le policier a donc une responsabilité particulière dans ce système. Il a la responsabilité de vérifier que l’ordre et la loi sont respectés, ce qui garantit la paix civile. Ne les appelons-nous pas « gardiens de la paix » pour cette raison ? A ce titre, le policier a l’obligation de respecter la loi encore plus que les autres même si « nul n’est sensé ignorer la loi ». C’est dur. Mais, a priori, on ne devient pas flic par hasard. Pas plus qu’on ne choisit de devenir enseignant ou personnel soignant. Quand notre profession nous confie la responsabilité de la vie ou de la survie de l’un ou plusieurs d’entre nous, ce n’est pas anecdotique.

Dans ce cadre, je suis d’accord : les conditions d’exercice du métier, la philosophie même de la police nationale, ont été profondément altérées par le ministre de l’Intérieur Sarkozy puis le président de la République éponyme. Le ministère domicilié place Beauvau est un de ceux où la révision générale des politiques publiques a été menée de la manière la plus brutale. A ce jour, 13 000 policiers sont partis en retraite sans être remplacés. D’un autre côté, le règne de la statistique a modifié grandement les méthodes d’investigation et de résolution des affaires. Le « chiffre » fait foi et point barre. La suppression de la police de proximité a accru le fossé entre les habitants et les représentants des forces de l’ordre. Tout ça est vrai. Et je serais volontiers aux côtés des flics s’ils manifestaient contre ces décisions.

Mais je suis profondément ému que des policiers descendent aujourd’hui dans la rue non pour ces revendications mais pour tordre le cou à la loi républicaine alors qu’ils ont la mission merveilleuse de la faire respecter. Ils sont, en plus, en passe de réussir à porter ce coup mortel à la loi, sans forcément s’en rendre compte. Nicolas le petit a en effet chaussé les sabots de la semi-démente de Montretout pour réclamer une « présomption de légitime défense » pour tout policier incriminé dans une blessure grave ou le meurtre d’une personne, ce que nous appelons, nous, vulgairement, une « bavure ». L’héritière du « point de détail » a raison de triompher : elle a bien remporté une « victoire idéologique » en renversant l’ordre des valeurs pour une catégorie particulière de la population.

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Bonus vidéo : KRS-One « Sound Of Da Police »


Présidentielle : mais à quoi donc joue Canal+ ?

C’est parfois difficile de regarder les informations télévisées au réveil, en prenant son petit déjeuner, et de garder son café dans la bouche sans s’étrangler. J’en ai encore fait la difficile expérience ce lundi 26 mars. Ainsi donc, j’en étais à avaler ma deuxième tasse de ce breuvage noir qui a pour vocation de me réveiller lorsque >Itélé annonça avec la grandiloquence qui lui sied que « l’insécurité revient dans la campagne ». On parle évidemment des drames de Toulouse et de Montauban, dont le traitement spectaculaire par les chaînes de télé fait au moins autant débat que l’attitude de la Direction centrale du renseignement intérieur.

Ami-e lecteur-trice, je n’ai pas écrit « tout ce que touche Nicolas Sarkozy fait débat ». Je te vois venir, tu veux que je dise que les grands médias roulent pour le nain de l’Elysée. Mais non !

Revenons à notre affaire. Pour illustrer son propos, que fait la chaîne d’info du groupe Canal+ ? Publie-t-elle un sondage ? Une étude qualitative ? Un micro-trottoir ? Pas du tout. Et c’est là que j’ai dû faire effort sur moi même pour ne pas recracher mon café sur le plancher que j’avais nettoyé le samedi. Pour expliquer donc que la « sécurité est au cœur de la campagne », >Itélé fait son gros titre sur un « reportage » que Canal diffusera le soir même sur la possibilité de faire passer des armes dans un avion de ligne dans un aéroport de la région parisienne. Ne me demandez pas lequel, j’ai zappé.

A tout le moins, belle pub pour le reportage de la chaîne sœur. Roger Giquel et son célèbre « la France a peur » font encore des émules. Comme pour la phrase de l’ancêtre de Jean-Pierre Pernault, >Itélé ne s’embarrasse d’aucune précaution. Elle décrète que la sécurité revient dans les préoccupations des Français. Même le pourtant très racoleur Le Parisien, en titrant en une « la sécurité au coeur du débat droite-gauche », est plus mesuré sur le même sujet. Ou sur la même absence de sujet.

Pas plus que le halal, la sécurité n’est LE sujet de préoccupation des Français dans cette campagne. Le 6 mars, le quotidien Le Monde, bien connu pour ses sympathies trotskistes n’est-ce pas, expliquait :

« La grande majorité des enquêtes d’opinion effectuées depuis plusieurs mois montrent que les sujets économiques et sociaux (chômage, pouvoir d’achat…) restent les sujets principaux de préoccupation des Français. »

Actons que c’était avant les tueries de Montauban et Toulouse. Ben tiens, prenons le dernier sondage IFOP réalisé, en partie pendant ces tragiques événements. Que dit-il ? Horreur ! « Le chômage est la première préoccupation de 73 % des Français. » Si même l’IFOP trahit Canal, c’est là le vrai problème. D’autant que ce sondage a été réalisé pour le site ultragauchiste Atlantico. Je m’efface pour laisser la parole à Télé Paris… heu pardon… France télévision :

« Les thématiques économiques et sociales semblent les plus centrales dans les attentes des Français. La lutte contre le chômage arrive donc largement en tête des priorités que les sondés souhaitent voir traiter, devant l’éducation (56%), la santé (55%) et le relèvement des salaires et du pouvoir d’achat (54%). »

Que ce passe-t-il donc qui amène Canal+ à décréter, contre les évidences, que la sécurité serait le souci numéro un des Français ? Peut être faut-il chercher du côté du candidat de l’UMP, le président bientôt sorti, Nicolas le petit ? J’en reviens au Parisien qui précise en pages intérieures sa sa une pour titrer sur la réalité : « Sarkozy remet la sécurité au cœur de la campagne ». Voilà qui est bien plus juste que les affirmations péremptoires de >Itélé. Quant au Figaro, si proche de la campagne de Nicolas le petit, il explique clairement : « Nicolas Sarkozy mise sur la sécurité pour rebondir ».

Reste la question : à quoi joue donc le groupe Canal+ ? Je ne parle ni du petit ni du grand journal. Les émission d’entertainment ne m’intéressent guère. Mais la nième boulette de >Itélé me laisse songeur. Une telle accumulation de bévues ne s’explique plus que par la volonté d’une ligne éditoriale. Le groupe Canal+ serait-il désormais rentré ouvertement en campagne pour Nicolas le petit ? C’est son droit. Mais qu’il ait l’honnêteté de le dire.

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Bonus vidéo : The Clash « Police and Thieves »


Aujourd’hui, le tueur de Toulouse est heureux

Nous en sommes donc là. Les images de la tuerie de Toulouse, lundi 19 mars au matin, tournent en boucles. Sur les plateaux télévisés, dans les colonnes des éditorialistes, sur toutes les antennes, le ballet des commentateurs, criminologues et autres spécialistes fait écho au ballet, plus sérieux et indispensable, des officiers de police sur les scènes de crime. Oui, il y a plusieurs scènes de crime, ça se dit mais on n’en voit jamais les images.

L’émotion déclenchée par la tuerie d’hier est légitime. Elle a frappé des enfants et il se dessine que ces enfants ont été frappés parce que nés juifs. Nous sommes là dans l’horreur absolue. Il faut le dire et le répéter. Nul ne peut accepter, nul ne peut tolérer. J’ai envie de dire : nul ne peut pardonner.

Selon les éléments de l’enquête rendus publics, il semble de plus en plus probable aussi que les militaires assassinés les jours précédents à Toulouse puis à Montauban aient été choisis en raison de la couleur de leur peau. Voilà donc pour le factuel. On ne sait pas si le tueur en chaîne est un de ces paras nostalgiques du IIIe Reich que l’on nous livre en pâture, s’il est un militant avéré de l’extrême-droite, s’il est un déséquilibré, un sociopathe. Je fais mien le qualificatif utilisé par Jean-Luc Mélenchon, quoi qu’il en soit : c’est un dément. Il n’y a pas d’autre terme pour parler de quelqu’un qui, mû par les idées de haine, en viendrait au meurtre froid, prémédité, calculé.

L’autre fait, qui nous renvoie à notre responsabilité individuelle, est la pensée que nous envoyons, de manière anonyme ou ouverte, directement ou de manière muette, aux familles des victimes. Lesquelles étaient toutes innocentes. Qu’il s’agisse des enfants ou des soldats.

A présent, il faut questionner les raisons de ces meurtres. J’ai déjà, sous le coup de l’émotion, évoqué quelques idées sur ce sujet. A la relecture, je n’en retire rien. Il y a quelque chose de pourri dans cette campagne électorale. Je me répète :

« Beaucoup de mots graves ont été prononcés depuis le début de cette campagne électorale. Des phrases, pensées par des idéologues, couchées sur le papier par des collaborateurs zélés et conscients. Des mots qui dépeignent la haine de l’autre, qui parlent d’une croyance religieuse comme d’une maladie que l’on attraperait en mangeant. Qui casher, qui halal. »

Ces mots graves ont mis en charpie le contrat social, le pacte républicain, qui unit les habitants de ce pays dans un collectif plus important qu’eux, tout en leur permettant de vivre leur individualité en toute liberté. Il faut le dire ! Ce sont les « racines du mal », selon le titre d’un roman que je n’espère pas prophétique de Maurice G. Dantec, auteur discutable ô combien par ailleurs.

Aussi, je ne peux m’associer à la volonté des deux candidats favoris des sondages de mettre la campagne en pause. Comme le touittait ce matin un jeune socialiste : « De grâce, arrêtez avec cette histoire de campagne suspendue. L’instant que nous vivons est sûrement le plus politique de toute la campagne. » Je partage l’avis d’Amine, nous sommes dans l’instant le plus politique parce qu’il parle de nous tous, de ce que nous sommes capables de mettre en commun pour vivre ensemble avec nos différences et forts de ces différences. C’est ce que j’ai déjà appelé le Contrat social.

Disons clairement, messieurs Guéant, Hortefeux, Sarkozy et consorts, ce que nous voulons comme valeurs pour la France, quel projet commun nous avons à proposer. Et que le peuple tranche puisque ça bloque.

Nous, au Front de Gauche, nous le disons clair et haut : celui (genre neutre) qui naît en France, vit en France, qui travaille en France, qui crève en France, est Français. Qu’importe son origine ethnique, sa religion, sa philosophie, sa sexualité. Religions, sexualité et philosophies sont affaires personnelles. Basta. Elles restent donc dans la sphère privée, pour permettre que chacun puisse vivre à son aise dans l’espace public. Conséquence directe : il n’y a plus de débat sur le mode d’abattage du bétail. On ne nous ennuiera plus non plus avec les débats sur le poisson du vendredi ou l’électricité allumée (ou éteinte) du tombé du soleil le vendredi au tombé du soleil le samedi. Chacun fait comme il veut chez lui.

Autre conséquence et non des moindres : la couleur de peau n’aura pas plus d’importance que la couleur de la chemise que l’on porte.

Mais à lire les commentaires de certains politiques et éditorialistes ce matin, j’ai peur que ce débat – essentiel pour l’ensemble du peuple de France – n’ait pas lieu. Les belles personnes veulent nous faire gober à toute force qu’il faille mettre notre intelligence collective sous le mouchoir. Cette intelligence est, pourtant, le seul moyen pour que des crimes aussi atroces ne puissent plus se produire. Ce matin, le tueur doit se régaler : il cristallise l’attention plus que les victimes ; il amène nos chères élites à étouffer les cris du peuple ; il monopolise l’attention quand nous devrions réfléchir ensemble aux conditions qui lui ont permis de commettre ces meurtres ignobles. Aujourd’hui, le tueur de Toulouse est heureux.

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Illustration sonore : Ice Cube & Dr Dre « Natural Born Killaz »


Je suis un « indépendantiste basque »

Lettre ouverte à nicolas sarkozy.

 Pré-scriptum :

Monsieur Nicolas le petit, pauvre con !

Je t’envoie cette lettre ouverte aujourd’hui parce que je n’en peux plus de toi. Tout président bientôt sorti (je l’espère en tous les cas) que tu sois, je ne vais pas te donner le « vous » qui siérait à ta fonction, la plus haute de notre République. Il y a plusieurs raisons à cela, que j’ai déjà expliquées, en partie, quand j’ai invité à insulter Nadine Morano tous les matins. Comme tu m’as l’air un peu dur de la feuille, je vais t’expliquer tout cela en détails.

Dans le fond, en réfléchissant bien, je me contrefous de ce que tu aies abaissé la fonction présidentielle au niveau des latrines. Sans être mitterrandiste pour un sou, j’ai toujours été un opposant convaincu de la Ve république entre autres raisons parce qu’elle transforme le Président en monarque républicain oint de l’onction suprême : celle du suffrage universel. Tu as d’ailleurs, Nicolas le petit, bien des points communs avec le premier président élu par le peuple : Louis-Napoléon Bonaparte, alias Napoléon le petit à qui tu dois le surnom dont je t’affuble.

Je me fiche également de ce que tes sinistres dévalorisent la fonction ministérielle comme jamais. Cela m’a heurté mais, dans le fond, tu les as choisis à ton image : suintant la haine, avides de pouvoir, méprisant pour le commun, imbus de leur propre ego jusqu’à provoquer l’écoeurement.

Je suis content, ce matin, que tu puisses te rendre compte de la réaction des vrais gens, de ce « peuple » dont tu te dis le défenseur après l’avoir si violemment maltraité pendant cinq ans. Tu as été hué, conspué, insulté. J’ai adoré voir ces images et je ne m’en lasse pas. Je crois que j’aurais encore plus aimé que l’un de ces anonymes siffleurs te prenne au mot que tu as envoyé à ce pêcheur, tu te rappelles c’était en novembre 2007. Tu avais déclaré : « Descend si tu es un homme », alors que tu étais entouré de gardes du corps, pandores et autres poulets avec ou sans uniforme. Tu rajoutes la lâcheté au mépris. Tu mérites bien la bonne gauche que nous sommes nombreux à rêver de te coller.

Va te cacher couard !

Une fois ce contentement proclamé et assumé, je me rends bien compte que tout cela fait ton affaire, espèce de boutefeux. Depuis que tu es entré en campagne – disons depuis juin 2005 et ton kärcher – , tu ne cesses de chercher à diviser les habitants de ce pays, à exacerber les tensions, à aviver les haines. Tu es un George W. Bush 2e campagne. Et, le pire dans tout ça ! c’est que tu pourrais gagner si le premier tour permet à ton copain Flamby d’être ton challenger.

Il te croit tant discrédité qu’une tanche pourrait te battre à plate couture. Tu fais bien tout pour le conforter et je ne saurais t’en blâmer. Tu te sens pousser des ailes puisque, depuis le plantage magistral de Marine Le Pen face à Mélenchon, tu ancres ta campagne dans ses valeurs à elle, celles de l’extrême-droite et du « choc des civilisations ». Dans sa Réponse au chanoine de Latran, Jean-Luc Mélenchon, oui mon candidat, a bien montré que cette vision est ton seul point de sincérité politique. Face à toi, le dédain et l’argumentaire classique ne sont pas suffisants. Tu cherches et réussis à cliver. C’est ton but, tu veux de cette France coupée en deux, peu t’importe si tout cela finit très mal. Tu auras semé le grain pour tes successeurs, il y aura bien des Rick Santorum français pour prendre ta relève.

Mais ne t’emballe pas trop vite, petit être empli de suffisance et de certitudes. Les faits peuvent paraître te donner raison aujourd’hui. Mais il reste encore un mois et presque trois semaines avant le premier tour. D’ici là, nous aurons fait place au peuple et tu pourrais te retrouver face à nous au second tour. Ce serait ballot, parce que là, tu perdras. Nous, nous relevons le gant : et de la lutte des classes et de l’affrontement sur les valeurs. Ce qu’Hollande a peur de faire ; nous, nous l’assumons. Nous sommes cette France que tu détestes : celle des Jacqueries, celle de 1793, celle de juin 1848, celle du 18 mars 1871, celle qui occupe les usines en 1936, celle qui a chassé les nazis de France… Cette France métissée, diverse, rebelle et fière, celle qui guillotine les rois, la France républicaine.

Cette France-là me fait dire, ce vendredi 2 mars au matin, je suis un « indépendantiste basque » !

Je ne te salue pas, salopard.

Paris 18e arrondissement

Post Scriptum : Au fait, tu te rends bien compte que le hashtag de ta campagne sur twitter : #NS2012, ça fait quand même National-socialiste ? C’est fait exprès ? Ah.. D’accord.

Bonus Hadopi: télécharge librement Des Kontrol « Altxa Gaitezen Rude Boy Bastard »

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Bonus vidéo : Kortatu « En la linea del frente »


« Sommet de crise » : l’UMP prend les syndicats en otage

Avec mise à jour en fin de note

A croire que la politique n’est plus qu’affaire de communication. Nous savons depuis longtemps le gouvernement en décalage par rapport aux attentes des Français. Nous avons appris, à nos dépends, que rien de le retenait, ni de la mauvaise foi, ni de la duperie, ni de l’arrogance la plus éhontée. A quelques mois de la présidentielle, alors qu’il ne dispose d’aucune marge de manœuvre pour prendre des décisions – son calendrier est déjà bien chargé – le voilà pourtant qui ose convoquer les organisations syndicales pour un « Sommet social ». Il a lieu demain. Si mon agenda le veut bien, je serais dans la rue à l’appel de mon syndicat à moi.

18 janvier 2012 : manifestation à 14 h de la place de la Bourse à la place saint Augustin

C'est la rue qui gouverne

Quel coup de comm’ quand même que ce sommet ! Après deux plans d’austérité, en pleine affaire du triple AAA, alors que le président de la République a déjà annoncé qu’il utilisera les derniers jours de la session extraordinaire du parlement pour imposer la TVA sociale, alors qu’il s’est ridiculisé avec cette affaire de SCOP pour SeaFrance, quelles mesures concrètes peut-il avancer qu’il sera en capacité de faire appliquer avant que les députés et sénateurs ne soient obligés, pour cause de campagne électorale, de prendre congé ? Nibe et peau de balle.

De fait, mise à part la confirmation de la TVA sociale et son application à marche forcée, on ne voit rien d’autre qui pourrait sortir de ce sommet devenu, depuis vendredi, un « sommet de crise ». A croire que les organisations syndicales sont prises en otage par les nécessités de campagne d’un camp politique en panique. Car, même si la perte du AAA suite à la dégradation de Standard and pauvres constitue une bonne nouvelle pour les communicants de l’UMP, la droite apparaît bien en difficulté à tous les niveaux.

J’ai plutôt le sentiment que Sarko et sa bande vont profiter de ce temps pour présenter les grandes lignes sociales du programme de l’UMP et de son candidat à l’élection dite « suprême ». Le tout aux frais de l’État et donc du contribuable. Ça, ce doit encore être un coup de la « république irréprochable ».

Sera-ce le moment choisi donc pour annoncer la suppression de la 5e semaine de congés payés chère à Christophe Barbier ? Le gouvernement, pardon, le candidat UMP en profitera-t-il pour lancer officiellement le projet de mettre en place, s’il est élu, la semaine de 37 heures ? Va-t-il avoir le courage de dire qu’il veut plus de flexibilité pour les salariés alors que la France reste le pays dont les travailleurs restent les plus productifs d’Europe ? Mais quand pourra-t-il mettre en œuvre ces belles idées qu’après les élections législatives ?

Sarkozy

Ce « sommet de crise » est un pur foutage de gueule. Sa tenue même est une insulte faite aux organisations syndicales. Bien sûr, on ne refuse pas, en République, une invitation du gouvernement. Donc, reste la rue. Demain. Et les urnes pour mettre une bonne gauche à cette droite qui ose tout et, comme le disait Michel Audiard, c’est même à ça qu’on la reconnaît.

Mise à jour 15h38 mardi 17 janvier

Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) et Bernard Thibault (CGT) ont affiché mardi leurs convergences anti-austérité, à la veille du sommet de l’Elysée que tous deux jugent « anti-social ».

Après une rencontre d’une heure trente au siège de campagne du Front de gauche aux Lilas (Seine-Saint-Denis), les leaders de deux délégations ont tenu une conférence de presse commune, en présence de Pierre Laurent (PCF). Jean-Luc Mélenchon s’est dit « très ému et honoré » que la CGT « ait eu l’élégance de venir à notre siège de campagne », soulignant que cette rencontre avait pour intention de « démonter la comédie qu’a préparé le chef de l’Etat avec son soi-disant sommet social » qui va « tourner à l’eau de boudin ».

Conclusion : ce sera « encore plus d’austérité », a-t-il dit, qualifiant Nicolas Sarkozy d‘ »homme aux abois qui gesticule comme quelqu’un en train de se noyer ».

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Bonus vidéo : The Ramones « Blitzkrieg Bop » (live)


Et si #Sarko ne se représentait pas

Certes, le titre de cette note peut paraître provocatrice. Mais, contrairement à d’autres écrits, il ne s’agit ni de politique fiction ni de raillerie saignante. De plus en plus de signes s’accumulent qui pourraient amener tout simplement Nicolas le petit à ne pas se représenter aux suffrages du peuple. Je veux évoquer par là, la multiplication des « affaires » dans lesquelles le nom du Président de la république apparaît.

La dernière en date a été mise à jour par le quotidien Le Monde dans son édition du jeudi 12 janvier. Sous le ministère de Nicolas le petit, alors domicilié à l’Intérieur, nous sommes début 2007, des membres de la, normalement, irréprochable Inspection générale des services ont monté un dossier à charge pour écarter des hauts fonctionnaires de la Police nationale. Leur manipulation s’est soldé par des suspensions, c’est à dire l’incapacité d’exercer son métier et, accessoirement, de percevoir son traitement, pendant quelques années pour cinq haut gradés. Le motif de cette sale affaire ? Les victimes étaient réputées sinon membres, à tout le moins proches, du Parti socialiste. Dans ce micmac, le Préfet de Paris est cité comme « témoin assisté », le dernier stade avant la mise en examen.

Plus tôt, le nom de « Sarkozy », cette fois ès qualité de ministre du Budget, a été prononcé par un témoin comme ayant donné son aval à la constitution d’une société écran basée au Luxembourg et destinée à récupérer les fameuses rétro-commissions dans le cadre de la vente de sous-marins au Pakistan. Cette histoire est connue sous le nom désormais célèbre de « Karachigate » et l’étau semble ne cesser de se resserrer autour du cou de notre monarque républicain.

Il y a bien sûr l’affaire Woerth-Bettencourt, et ces dons en espèces auxquels la désormais ex-comptable de la femme la plus riche de France dit avoir procédé pour financer la campagne de Sarko en 2007. Le financement de la dite campagne fait désormais l’objet de l’attention des juges.

J’en passe et de nombreuses, dans la liste des affaires politico-judiciaires dans lesquelles, de près ou de loin, Nicolas le petit apparaît, sinon mêlé, tout du moins trop proche pour ne pas être vraiment blanc comme neige.

Sarkozy

C’est peu de dire que sa « république irréprochable » a du plomb dans l’aile. En comparaison, Jacques Chirac, ses emplois fictifs et son compte présumé au Japon font figure de gentils garçons pris les doigts dans le pot de confiture. Il faut plutôt remonter à la fin de règne de Valéry Giscard, dit d’Estaing, pour sentir un parfum d’excréments et de scandale aussi entêtant. A croire que l’atlantisme ne réussit guère à la morale des présidents qui en sont adeptes. Mais, brisons là, l’alignement politique sur les États-Unis n’est pas le sujet. Je ne peux que m’amuser à relever qu’ils ont aussi adopté les manières de faire dans la politique ultra-atlantique.

Alors, oui, bien sûr, la première pensée qui nous vient, qui me vient à moi en tous les cas, est « mais avec toutes ces casseroles, se représenter est le strict minimum pour essayer de conserver l’immunité présidentielle ». Pas faux. Comme j’attache beaucoup d’importance à mon point de vue, je ne vais pas me porter en faux contre moi-même. Et pourtant, je pourrais bien me tromper. Parce que Nicolas le petit hait, plus encore que la curiosité de la presse, la perspective de perdre une élection. Son dernier échec en date, l’élection européenne de 1999, l’a amené au bord de la dépression nerveuse et de la tentation de Venise.

Il pourrait donc bien décider de s’éviter l’affront d’une défaite de plus en plus assurée, menacé qu’il est par les gars de la Marine et les sociaux-démocrates, la presse dixit. Enfin, son électorat est bien divisé entre le candidat toujours à venir de l’UMP, Dominique de Villepin, François Bayrou, Nicolas Dupont-Aignan et, possiblement, Hervé Morin et Christine Boutin. La multiplication de ces candidatures de droite rendant de plus en plus plausible la perspective d’un « 21 avril à l’envers ». Et comme la crise semble s’atténuer, l’assurance réélection s’éloigne en mesure.

Je dois bien avouer que, en novembre dernier, quand j’ai lu pour la première fois des journalistes pariant sur le remplacement de Nicolas le petit par le vieux Juppé en mars de cette année, j’ai bien failli m’étrangler avec mon eau de perrier. Mais, là, je comprends mieux ce qu’ils supputaient alors. Au final, lui mettre une bonne tannée électorale en mai prochain me ravirait grandement. Mais le fait qu’il ne se représente pas serait déjà une victoire pour la morale en politique.

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Bonus vidéo : Lofofora « Anarchie en Sarkozie » (reprise de Métal Urbain)