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Front contre front, démonstration du vote nécessaire

Depuis le 22 mars au soir, depuis qu’Annie a rendue l’info publique, il est difficile de cacher sa joie. Ce sondage qui nous place en troisième position, avec 14 % des intentions de vote est enthousiasmant. Je n’y accorde pas plus de foi que cela mais je m’intéresse à la dynamique manifestée par les intentions de vote déclarées. Le passage de notre candidat, Jean-Luc Mélenchon, dans l’émission Des Paroles et des actes a permis au Front de Gauche de franchir une première étape. Visiblement, le rassemblement extraordinaire de la Bastille, dimanche 18 mars, nous permet – tous ensemble – d’en passer une nouvelle.

C’est d’autant plus important que ce sondage, pour la crédibilité qu’on lui accorde entre marge d’erreur et corrections des résultats bruts, a été réalisé en plein drame paroxystique : les tueries de Toulouse et Montauban sont de celles qui ouvrent la voie au pire. Nous semblons, avec le Front de Gauche, y échapper. Je regardai, de retour du boulot un peu tard jeudi soir, 55 rue du Faubourg Saint-Honoré sur Itélé. Le journaliste du Figaro et Joseph Macé-Scaron, de Marianne, ont été obligés de souligner la cohérence de notre positionnement collectif et sa décence. Je veux voir là un élément d’explication quant à la manière dont nous avons été entendus par nos concitoyens.

Au-delà de ce factuel, ce qui m’intéresse particulièrement dans la dynamique mise en lumière par cette nouvelle enquête sur les intentions de vote, c’est qu’elle nous place devant le Front national. La candidature de l’héritière millionnaire se tasse depuis des jours. Aujourd’hui, nous lui passerions devant. Ça, c’est un événement politique ! Un vrai !

Il sanctionne positivement notre ligne d’affrontement systématique, le fameux « front contre front ». En ne laissant rien passer des immondes propos de la châtelaine de Montretout ; en travaillant à dévoiler le fond de son programme, ses incohérences et ses outrances ; en acceptant la confrontation la plus brutale, nous avons réussi. La lumière de la pédagogie, menée notamment par les amis Alexis Corbière, qui le paie au prix fort, et Laurent Mafféis, produit sur la valseuse de Vienne le même effet que la lumière du jour sur les vampires. L’électorat ouvrier, le vote populaire, dont elle se prévalait à hauteur de « 40 % », comme une prophétie auto-réalisatrice, a fondu comme neige au soleil à mesure qu’apparaît la nature profonde de serviteur zélé du capital qu’est celle du FN.

Nous n’allons pas nous en tenir là. Nous allons poursuivre ce qui n’est pas une tactique électorale mais le fond de notre combat, depuis des années. Je me rappelle, du temps de l’association Pour la République Sociale déjà, nous menions des ateliers de lecture sur le programme du Front national. Avec la campagne électorale en cours, à l’échelle de tout le pays, nous amplifions ce travail d’éducation populaire. C’est dans notre ADN politique que d’aller affronter le pire produit de la crise économique, sociale, politique, morale dont a besoin le capitalisme pour se régénérer en permanence.

Las, ce qui apparaît au grand jour, depuis l’entrée en campagne de Nicolas Sarkozy, c’est que nous devons mener la bataille « front contre front » sur… deux fronts. Les propos et les propositions de l’UMP flirtent ouvertement et consciemment avec celles de l’extrême-droite. Mon excellent camirade Stéphane l’a démontré sur son blog. Je vous suggère d’aller y jeter un œil. De toutes les façons, ce porteur des valises du MEDEF, ce laquais des riches, ce thuriféraire du « choc des civilisations », ce destructeur méthodique du contrat social issu de la Résistance et de la libération qu’est Nicolas Sarkozy – et son absence symptomatique de programme publié (des fois qu’on puisse lui faire le coup du vampire à lui aussi) – reste plus que jamais notre principal adversaire. Dans le camp de la droite dure, entre droite extrême et ultra-libéralisme, il est le porteur du vote utile.

Forts de notre dynamique, que ce soit sur le plan du pacte citoyen que nous proposons avec L’Humain d’abord ou sur le plan des valeurs, c’est désormais évident : le vote nécessaire contre la droite, sous toutes ses formes, c’est le Front de Gauche.

Front contre front

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Bonus vidéo : Svinkels « Front contre Front »

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[Sondage] Un Cri du peuple spécial Montreuil ?

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Bonus vidéo : NWA « Express Yourself »


Primaire PS : Hollande, la maldonne des sondages

Vous allez dire que j’ai mis du temps. C’est vrai. J’ai préféré, pour une fois, ne pas surfer sur l’actualité pour bloguer mais laisser un peu le temps de mûrir ma réflexion. J’étais un poil en boule lundi au réveil, que les participants à la primaire PS aient choisi Hollande. Dans le fond, c’est vrai : je n’en ai rien à faire puisque je n’ai pas participé à ce simulacre de démocratie. Je suis d’autant moins concerné que je voterai pour le Front de Gauche au premier tour et que j’ai comme le sentiment que Mélenchon pourrait bien porter les couleurs de la gauche rassemblée au 2e tour. J’aurai plus que l’occasion d’expliquer pourquoi dans de futures notes. Donc, vous allez me dire « pourquoi t’étais en boule coco ? ».

Et bien, c’est simple. J’ai déjà vécu ce qui vient de se produire avec cette primaire en 2006. J’étais alors encore membre du Parti socialiste, de ce genre de membres à qui mes « camarades » ne cessaient de répéter « Retourne au PC dont tu n’aurais jamais dû sortir ». Comme quelques vrais amis également militants du PS, j’avais décidé d’opter pour le candidat le moins pire, mais ce n’est pas là mon propos. Celle qui avait alors le vent en poupe, en 2006, était Ségolène Royal, que j’avais coutume d’appeler la « madone des sondages » tant il apparaissait époustouflant qu’une personne issue de nulle part, dont personnes ne se souvenait ou presque, puisse, d’un coup d’un seul, apparaître comme la championne de la gauche face à Sarkozy. Nous avons été quelques uns, pendant et après coup, à nous rendre compte de la grande manipulation. La droite, Sarko en tête, avec l’aide de ses amis propriétaires de médias et d’institut de sondages, s’est alors fabriqué tout seul comme un grand son adversaire.

Sarkozy et Hollande et Paris-Match

"non, non, rien n'a changé, tout tout va continuer, ouais, ouais"

La manip est simple. Prenons un candidat lambda, du genre pas dangereux du tout, celui qu’on battra forcément et facilement. Surtout parce qu’il n’y a, au fond, pas grande différence entre les idées qu’il porte et celles que la droite défend. Faites-le grimper dans l’opinion, à coups de sondages bien orientés, bien construits. La victoire appelle la victoire, comme l’a rappelé Arnaud Montebourg avec son « si Aubry avait été en tête, j’aurais appelé à voter pour elle ». Donc, plus on grimpe dans les sondages, plus on s’attire des sympathies. Au final, les militants résignés, l’idéologique ne comptant plus depuis longtemps au PS, choisissent celle, en 2006, qui apparaît la mieux placée pour battre la droite. Hop, Ségolène ! Le tour est joué. Sarko se frotte les mains et l’on connaît le résultat : la plus grande claque que la gauche ait enregistrée depuis que le président de la République est élu au suffrage universel : 53 % pour le candidat des riches, 47 % pour la « madone des sondages ».

L’héritier du petit père Queuille

Et là, voilà-t-y pas que le nabot de l’Elysée recommence la même manœuvre mais avec Hollande cette fois-ci et avec autant de succès. Faut croire que le candidat du « c’est compliqué, on verra », de l’évitement, de la posture représente le moindre mal pour l’homme aux talonnettes.

Mais, cette fois, je pense qu’il peut y avoir des surprises. L’envie de battre Sarkozy est très forte. A telle enseigne que le nouvel héritier du petit père Queuille, ci-devant président du conseil général de Corrèze, est crédité de 62 % d’intentions de vote au 2e tour cette semaine. Ca c’est sûr que l’autre énervé et énervant est solidement discrédité entre sa politique et le climat délétère qu’alimente les affaires qui surgissent de ci, de là. On se croirait à la fin du septennat de Valéry Giscard d’Estaing, avec les valises de Takkiédine en lieu et place des diamants de Bokassa. Mais le contexte international, avec la montée en force de la radicalité en Grèce comme aux Etats-Unis, les avancées que connaissent les pays s’essayant à d’autres voies que le capitalisme, nourrit la perspective de remplacer l’alternance par l’alternative.

A force de se chercher l’opposant le plus insignifiant avec Hollande, Sarko a peut être bien ouvert le chemin à une vraie rupture citoyenne.

Affaires à suivre donc…