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TSCG : Fabius ne veut pas « se déjuger », et vous ?

Le Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG) n’en finit pas de remuer les différentes composantes de la gauche. Le week-end qui vient de s’écouler a vu le conseil fédéral d’Europe Ecologie – Les Verts s’opposer, par 75 % des voix exprimées, à ce traité qui grave dans le marbre l’austérité ad vitam aeternam. C’est un bougé assez significatif qui a causé encore une de ces sorties dont est coutumier Dany le jaune.

A tout le moins, EELV a le mérite d’une certaine cohérence, que je salue, alors que je n’ai jamais été avare de critiques contre ce parti. L’issue de son conseil fédéral témoigne de l’élargissement du front du refus, par rapport à un traité qui prive la représentation démocratique élue par le peuple de ses derniers outils d’action.

Ce week-end, j’ai eu l’occasion de retrouver, grâce à mes amis de la Télé de gauche, un certains nombre de déclarations émanant de sommités du parti dit « sérieux ». Je vous les laisse regarder et partager.

On va commencer par l’ancien héraut du « non socialiste » en 2005, Laurent Fabius :

 

La sortie de Benoît Hamon n’est pas mal non plus :

 

Arnaud Montebourg laisse rêveur :

 

Jean-Marc Ayrault se fait le porte-parole du groupe des députés socialistes :

 

Enfin, pour la bonne bouche, le résident de la république n’est pas inintéressant :

 

En contrepoint, je vous laisse écouter et regarder ce que disent certains de mes amis proches dans la petite vidéo tournée à l’occasion de la Fête de l’Huma.

 

Je veux bien prendre les paris pour savoir qui, à la fin, se « déjugera », selon les jolis mots du ministre des Affaires étrangères.

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Bonus vidéo : Patti Smith « People Have The Power »

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TSCG, ce sont les autres qui en parlent le mieux

Ceci, comme dirait Magritte, n’est pas une note de blog. Le flot de l’actualité me submerge de réflexions contradictoires et j’ai peu la tête à coucher sur l’écran de mon (puis de vos) ordinateur(s) des états d’âme. Aussi, je vais m’effacer pour donner la voix aux copains. C’est que l’heure est grave ! Le traité sur la stabilité, la convergence et la gouvernance est à l’ordre du jour. On en a beaucoup causé à la fête de l’Humanité. Alors, pour commencer, prenons quelques minutes pour savoir ce que c’est que ce fichu traité en vidéo :

 

Sur le blog l’Art et la manière, qu’il co-écrit avec Florian, Romain nous en a touché deux mots dès la fin août :

« Ah qu’il était beau ce traité préparé par Sarkozy. La promesse électorale (pourquoi je m’évertue à m’y référer alors que tout le monde sait que c’est de la connerie)… donc cette promesse c’était de renégocier ce pacte notamment en y intégrant un volet « croissance ». Evidemment, nous, sales gauchistes, on n’était pas très contents. Mais la réalité s’est révélée encore pire puisque que les négociations sont quasi-inexistantes et que ladite croissance ne fait l’objet que d’un ridicule pourcent d’investissement qui ne fera pas longtemps illusion. Le fond du traité, lui, est intact : austérité, austérité et… austérité. Puis si vous n’êtes pas content un arsenal répressif est prévu pour les pays récalcitrants. « What else ? » diraient les financiers. »

Alors, il a semblé que le résident de l’Elysée et son collègue de Matignon auraient renégocié le TSCG pour le faire passer dans les rangs des députés godillots… heu.. sérieux. L’ami Gauche de combat en rit encore, jaune. Ce qui, pour ce rouge et vert, la fout mal. Il s’en est ému avant de prendre ses congés bien mérités :

« François Hollande et Jean-Marc Ayrault appellent leurs troupes à ratifier le traité budgétaire européen, pourtant négocié par Nicolas Sarkozy avec Angela Merkel (que toute la gauche – dont les socialistes – avait tant critiqué), et cela sans passer par l’assentiment des français. Vive la démocratie. Pour s’en défendre, dans le Journal du dimanche, Jean-Marc Ayrault a déclaré que « l’ajout d’un volet croissance au traité imposé par Hollande «a fait bouger les lignes ». Cela en fera rire plus d’un, et la saillie de Mélenchon sur le sujet est pertinente, par delà l’humour   : «Quelles lignes, quelles pages, quels mots, quelles virgules, la couleur du papier : Rien! ». Et dire que Hollande s’était posé en combattant des marchés financiers… On voit bien aujourd’hui que d’aucunes mauvaises langues avaient raison de prétendre qu’il le faisait avec un sabre de bois. »

Je conçois que, malgré la vidéo ci-dessus, vous avez du mal à comprendre de quoi il s’agit concrètement. Le mieux encore reste de se plonger dans le texte. Et c’est l’ami Nico, de la Rénovitude, qui se l’est procuré. En voici le premier chapitre :

« TITRE I

OBJET ET CHAMP D’APPLICATION

Article 1

1. Par le présent traité, les parties concontractantes conviennent, en tant qu’Etats membres de l’Union européenne, de démolir le pilier économique de l’Union économique et monétaire en adoptant un ensemble de chaînes destinées à étouffer l’activité, rendre encore plus obscure la gouvernance de la zone euro, en soutenant ainsi la réalisation des objectifs de l’Union européenne de désarmer les états, réduire les politiques de justice sociale et dégommer les services publics.
2. Le présent traité s’applique intégralement aux parties concontractantes dont la monnaie est l’euro sans aucun moyen de recours des peuples composant les dites parties concontractantes. Il s’applique également aux autres parties concontractantes, dans la mesure et selon les conditions prévues à l’article 14, c’est dire que vous n’avez pas le choix. »

Le reste est à lire sur la Rénovitude, par ici.

Ah oui… ça mate, n’est-ce pas ? C’est que le TSCG, à la fin, c’est bien le Traité d’une saloperie carrément généralisée, comme le dit si bien Syd. A l’appui de cette thèse, laquelle pourrait apparaître simpliste à nos « amis » du parti dit « sérieux », voici un extrait du vrai traité qu’A Gauche pour de vrai s’est goinfré, enfin de celui qui n’a pas été traduit en français de tous les jours :

Sur la base de la coordination des politiques économiques définie dans le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, les parties contractantes s’engagent à œuvrer conjointement à une politique économique qui favorise le bon fonctionnement de l’Union économique et monétaire et qui promeut la croissance économique grâce au renforcement de la convergence et de la compétitivité. À cette fin, les parties contractantes entreprennent les actions et adoptent les mesures nécessaires dans tous les domaines essentiels au bon fonctionnement de la zone euro, en vue de réaliser les objectifs que constituent le renforcement de la compétitivité…”

Finissons-en là. Il n’y a d’autre chose à faire que de signer la pétition « Non à l’austérité perpétuelle en Europe ». Elle est claire et simple :

« En imposant l’austérité à marche forcée, le Pacte budgétaire menace de plonger l’Europe dans la récession et le chômage de masse. Il va priver les États de moyens indispensables pour sortir de la crise sociale et environnementale. Pour mieux rassurer les créanciers et les spéculateurs, il place l’austérité au-dessus de la démocratie. Nous vous demandons de rejeter ce Traité d’austérité, et de permettre ainsi de rouvrir le débat pour réorienter l’Europe. »

Ah si ! Il y a autre chose à faire encore : aller manifester le 30 septembre à Nation !

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Bonus vidéo : Family Affair Project « Saturation »

 

 

 


Enseignants, « sans papiers », blogosphère, c’est la rentrée

Ce lundi 3 septembre au matin, je ne peux m’empêcher d’éprouver une pensée émue pour mes amis enseignants. J’en compte quelques uns, c’est assez fréquent dans les milieux militants. Pour eux, c’est la rentrée. Les élèves, c’est demain. Evidemment, y a une petite polémique. Ce grand lecteur de Philippe Pétain qu’est Luc Chatel voit dans le dernier discours de Vincent Peillon un « copier coller d’un discours du Maréchal ». Faut connaître son Pétain sur le bout des doigts pour parvenir à taper le point Godwin avec autant de facilité. Mais bon… Là n’est pas mon propos.

Mon propos c’est l’école et le métier de professeur. Lequel va encore se trouver chamboulé avec l’introduction de cours de morale laïque. Oui, évidemment, c’est le dernier avatar en date de l’éducation civique. Parce que, c’est bien connu, il revient à l’Education nationale de prendre en charge – et de régler – tous les dysfonctionnements de la société. C’est simple, faisons un petit tour d’horizon :

– le chômage amène les parents à décrocher du suivi de leurs enfants : va-t-on se battre pour le plein emploi ? non, l’école va régler ça ;
– la télévision banalise la violence qui s’importe en milieu scolaire : va-t-on réfléchir sérieusement au contenu des fictions que l’on propose à nos enfants ? Non, l’école doit régler ça ;
– quelques illuminés affichent le voile intégral comme marqueur d’identité : va-t-on mener un débat serein sur la place de la religion dans notre société ? Non, l’école va prendre en charge cette question aussi.

Pauvre école ! Je pourrais continuer longtemps comme ça tant elle se trouve donc chargée de tous nos maux et doit trouver une réponse à chacun d’entre eux. En apparence en tous les cas. Evidemment, les enseignants ne sont pas du tout formés à cela puisque leur métier reste la transmission du savoir. A la base. Sans d’ailleurs qu’on se questionne sur le sens de cette transmission. Je veux dire, de manière collective. Les profs, eux, se la posent cette question, tout le temps. Les patrons aussi, d’ailleurs. Incidemment, ils ont infusé leur manière de voir dans l’approche « pédagogique » des ministères successifs.

Aujourd’hui, sous les poussées patronales, le but de l’école est devenu, en loucedé, de former des travailleurs. Au départ, son propos était de former des citoyens. La différence n’est pas grande. Elle est énorme. Voilà voilà… C’est clair que ça fout le moral.

Au moins autant que la schizophrénie ambiante dans ce cadavre qu’est la gauche du parti « dit sérieux » dès qu’on en vient à causer du TSCG, ce foutu traité qui nous impose l’austérité ad vitam aeternam. Des fois que vous ne sauriez pas encore, nous manifestons le 30 septembre sur le sujet. Ce sera un dimanche, c’est chouette les manifs le dimanche. Pas d’excuses pour ne pas être là.

A part ça, et puisqu’il s’agit de manif, samedi, j’ai fais ma rentrée politique en quelque sorte. Avec pas loin de 5 000 personnes, nous avons manifesté aux côtés des « sans papiers » pour le 16e anniversaire de l’expulsion de l’église Saint-Bernard. La vidéo réalisée par les camarades du PG atteste de cette réussite. Pour nous autres, militants, une manif c’est deux choses : exprimer un refus ou une exigence (en ce cas, l’exigence de régulariser les « sans papiers » et le refus des rafles) et l’occasion de se retrouver entre nous. On voit les potes, on se donne des nouvelles, on fait des rencontres aussi. Bref, c’était bien. Ca donne un peu d’énergie. Et Marx sait que j’en ai besoin : à croire que je n’ai pas fini de digérer l’année de campagne(s) passée.

Du coup, je vous le dis, je vais finir, tranquillement, par retrouver mon rythme ici et vous parler d’autres choses que de musiques. Vous allez bientôt retrouver les Chroniques montreuilloises qui vous plaisent tant et contribuent tellement à la renommée de ce petit blog. Il y aura peut être un peu plus de foot que l’an passé, vu que j’aime ça sans honte. Et, qui sait, peut être un peu de politique. Accessoirement, je pourrais sûrement déverser mes humeurs sur mon petit exutoire personnel. J’espère que cela ne vous défrise pas trop. Et puis, en toile de fond toujours, vous lirez les potes. Parce que c’est, après l’amour, l’essentiel. C’est fleur bleue, vous trouvez ? Si vous changez la couleur, je prends « fleur rouge » très volontiers.

Allez, je m’en retourne marner. Et tâcher de vous apportez des nouvelles moins nombrilistes et plus enthousiasmantes. Du genre qu’on trouve en filigrane de cette note pondue par le toujours excellent Fight Club du NPA. Parce que s’il fallait compter sur les moines de LO pour se fendre la gueule, on peut toujours attendre la révolution marxiste-léniniste.

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Bonus vidéo : Siekiera « Czerwony Pejzaz »