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UMPFN : le point Godwin, c’est maintenant !

Billet court à la manière de Gauchedecombat.

Au début, c’est une pub sur facebook qui attire mon attention. Avec le joli logo qui est le sien, l’Union pour une Majorité pétainiste (UMP) lance un étonnant : « La Résistance, c’est maintenant ». Je me dis, quand même, ils sont pas gonflés. J’attends d’ailleurs toujours les chars de l’armée russe. Mais je me suis laissé dire qu’ils avaient été retenus : le 7 mai, ils étaient de célébration de « l’élection » du grand ami de Nicolas le petit, Vladimir Poutine. Je fais quand même une petite recherche internet et… Je tombe sur ça, le site de campagne d’Arnaud Barroux, candidat UMP dans la circonscription Evry-Sud en Essonne. Photo please :

Notez la symbolique : un enfant seul, au milieu d’une mer agitée, tenant en main le drapeau de la France. Il semble demander de l’aide. Aide que, je suppose, l’organisation qui m’est apparue immédiatement après dans les résultats de recherche va lui apporter, puisque « la résistance c’est (eux) » . Là encore, photo please !

Etonnant, non ? La Liberté guidant le peuple… Rien moins. En pleine mythologie de la révolution ouvrière de juin 1848, pas les journées bourgeoises de février de la même année. Nous sommes encore et toujours dans cette fameuse « triangulation », ou l’art de s’approprier les thèses voire l’imaginaire de son adversaire politique.

Je suis ébahi par l’art consommé de la communication qu’il faut avoir pour oser ce genre de choses. Néanmoins, j’accorde un double point Godwin à l’UMPFN sur ce coup.

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Bonus vidéo : Modeselektor « This (feat. Thom Yorke) »

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Bienvenue dans l’ère de la contre-révolution

Après l’analyse de l’événement politique de ce premier tour de l’élection présidentielle, je veux bien sûr parler du score du Front de Gauche, il faut revenir sur la seconde ligne force de ce moment politique : la recomposition, par l’extrêmisation, de la droite. Beaucoup ont été choqués par les 18 % de l’héritière de Montretout. Ayant vécu et milité dans les Bouches-du-Rhône, ayant participé à la reprise de Vitrolles aux Mégret, je l’ai été dans une moindre mesure. Mais il ne faut pas s’arrêter là, au risque de se planter comme le fait encore François Hollande avec sa pseudo analyse sur la « colère sociale ». Ce qui est en train de se passer sous nos yeux, c’est ce qu’annonce depuis longtemps l’ami Stéphane : la fusion idéologique du Front national et de l’UMP sarkoziste. Sur la base de valeurs et d’analyses désormais communes, ils ont rassemblé 45 % des électeurs.

Arrêtons de parler de vote contestataire concernant le FN. C’est un vrai vote d’adhésion. Les électeurs frontistes, je ne parle pas même des militants, veulent voir Marine Le Pen au pouvoir. Et pour cela, ils entendent bien s’en donner les moyens. Un sondage paru dans Les Echos de ce mercredi 25 avril donne quelques clés. Comme on le sait depuis plusieurs mois, l’électorat UMP veut un accord sur les législatives avec le FN. Plus surprenant, pour les anti-Le Pen de base, 59 % des électeurs de Marine Le Pen souhaitent un accord avec l’UMP. C’est désormais possible au vu des convergences idéologiques entre les deux pôles de la nouvelle droite.

Ces convergences ont été mises en lumière par les interventions successives de Marine Le Pen puis de Nicolas Sarkozy au soir du premier tour de l’élection présidentielle. Les mots sont quasiment décalqués les uns sur les autres, au point que l’on a pu croire que Nicolas le Petit a copié puis collé les maux de la millionnaire pour écrire son discours. Nous assistons là à l’aboutissement d’une longue bataille idéologique initiée dans les années 1970 par la Nouvelle droite. Celle-ci définissait ainsi ses buts :

« Agir sur les mentalités de nos contemporains pour accélérer dégoût et mal vivre propres à notre modernité, que l’on désigne habituellement sous le terme de « morosité » et qui nous apparaissent comme des maux beaucoup plus profonds et constitutifs qu’un simple pessimisme occasionnel né d’un reflux de l’Histoire. Il s’agit en effet – très précisément – de l’échec absolu de l’aventure républicaine et de toutes ses retombées morales et socio-politiques qui grèvent notre avenir à court et moyen termes et obscurcissent notre horizon individuel et collectif. Aussi devons-nous accentuer ce délabrement des êtres et des choses qui aboutira nécessairement à un état pré-révolutionnaire favorable à l’éclosion de la morale néo-droitiste, c’est-à-dire à la résurgence d’une humanité aristocratiste. Nous voulons que notre avenir nous ressemble, et qu’il ait des couleurs éclatantes (sic). »

C’est très précisément ce qu’ont fait les penseurs du sarkozisme en accentuant les divisions entre Français, en s’acharnant à morceler le corps social, en s’attaquant aux corps intermédiaires avec conscience et méthode. La mise à sac du compromis politique républicain issu de la Résistance, le fameux programme du Conseil national de la Résistance, a été l’objectif de l’UMP du nain hystérique. En cela, elle partage un objectif majeur avec le Front national. Elle partage aussi bien des « principes » : les racines « chrétiennes » de la France, le rejet des musulmans sous couvert de « laïcité », l’aspiration au repli sur soi nationaliste… Les « cadres » de la Nouvelle droite se retrouveront, à la fin des années 80, autant à droite, notamment au sein de Démocratie libérale, qu’à l’extrême-droite. Ils se sont pour ainsi dire répartis les cibles pour y faire progresser leurs idées et mener une bataille culturelle au sens Gramscien du terme.

Le cheminement de l’UMP vers les thèses de la Nouvelle droite a été long, tant la survivance de l’influence chiraco-gaulliste a été longtemps un rempart aux rapprochements idéologiques entre la droite et son extrême. Mais Nicolas le petit avec sa garde rapprochée issue du groupuscule d’extrême-droite Occident : Longuet, Devedjian, Novelli va conquérir la machine électorale UMP et en redéfinir le projet politique sur le long terme. La théorie du « choc des civilisations » en devient le cœur ; elle est accompagnée d’une réécriture de l’histoire de France et d’un projet de recomposition de l’ensemble de la société française. C’est la version française de la révolution conservatrice, ou de la contre-révolution si on veut, menée par Thatcher en Grande-Bretagne, Reagan puis Bush Jr aux Etats-Unis, Umberto Bossi et Gianfranco Fini en Italie.

En parallèle, dans les pas d’un Bruno Mégret qui a été exclu du FN pour ces raisons, l’héritière du « détail de l’histoire » va décapiter la vieille garde frontiste regroupée autour de Bruno Gollnisch pour transformer le F-Haine en machine à conquérir le pouvoir. Le corpus idéologique reste le même mais les aspects les plus clivants sont estompés, les provocations sont bannies. Toute ressemblance avec l’évolution du Mouvement social italien (regroupements des nostalgiques de Mussolini) en Alliance nationale de Gianfranco Fini n’est pas due au hasard. L’objectif est la conquête du pouvoir. Les convergences politiques avec le sarkozisme, la bataille culturelle que ce dernier a menée, autorisent en effet les gars de la Marine à rêver d’une revanche sur la France des lumières.

Regardons bien les comportements en termes de vote pour comprendre que les électeurs du FN et de l’UMP viennent du même camp idéologique. Depuis 2007, le bloc électoral UMP-FN reste globalement stable. Il n’a varié que de 70 000 voix entre le premier tour de 2007 et celui de 2012. Au fur et à mesure des scrutins intermédiaires entre ces deux moments clés, nous avons pu mesurer le lent glissement des électeurs sarkozistes vers la Le Pen. Glissement idéologiquement autorisé par les propos des flingueurs du président bientôt sorti : Hortefeux, Guéant et consorts ; glissement politique alimenté par le transfuge du FN puis du MNJ (Mégrétiste) Guillaume Peltier ; glissement généré aussi par les déceptions engendrées par des mesures jugées trop « libérales » en matière économique et sociale. S’ajoute à cela le parfum de scandale, qui marqua la fin du septennat giscardien et qui revient en vogue, de Takkieddine et le Karachigate à l’affaire Woerth-Bettencourt qui n’en finit jamais. Il sonne le glas de la « République irréprochable ». D’où le déchainement de l’UMP, du « cancer de l’assistanat » cher à Laurent Wauquiez jusqu’à « l’effraction » de François Baroin. La panique est elle que l’Elysée permet au ministre des transports Thierry Mariani de livrer au journal fascisant Minute l’exclusivité de la pétition de la Droite populaire contre le droit de vote aux étrangers.

L’UMP et le FN ont aussi en commun la même cible première, celle avec laquelle « tout se jouerait », cette fameuse création idéologique qui porte le nom de « classes moyennes ». Ce morceau du corps social se sent aujourd’hui fragilisé et se radicalise. Comme je l’ai déjà écrit, il s’agit là d’une mécanique que l’historien Pierre Milza a longuement décortiquée dans ses ouvrages consacrés à la montée des fascismes. Face à la menace de prolétarisation dont elles se sentent victimes, les dites « classes moyennes » trouvent dans les partis fascistes les moyens pour rétablir un ordre qu’elles estiment naturel : leur « supériorité » supposée en termes économiques, sociaux et culturels, sur le prolétariat.

Il y a donc bien 45 % des électeurs qui ont choisi la contre-révolution cette année. Ce n’est pas rassurant. Mais pourquoi la France resterait à l’écart d’un mouvement qui frappe toute l’Europe, et pas forcément des pays arriérés. Le même processus est à l’œuvre en Italie, je l’ai dit ; en Hongrie ; en Belgique ; aux Pays-Bas ; au Danemark… Voilà donc ce à quoi nous avons à faire. En tenir compte, c’est se donner les moyens de lutter, politiquement, idéologiquement, culturellement contre ce projet de société. Continuer à donner du crédit à la thèse de la « colère sociale », c’est se tromper lourdement.

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Je suis un « indépendantiste basque »

Lettre ouverte à nicolas sarkozy.

 Pré-scriptum :

Monsieur Nicolas le petit, pauvre con !

Je t’envoie cette lettre ouverte aujourd’hui parce que je n’en peux plus de toi. Tout président bientôt sorti (je l’espère en tous les cas) que tu sois, je ne vais pas te donner le « vous » qui siérait à ta fonction, la plus haute de notre République. Il y a plusieurs raisons à cela, que j’ai déjà expliquées, en partie, quand j’ai invité à insulter Nadine Morano tous les matins. Comme tu m’as l’air un peu dur de la feuille, je vais t’expliquer tout cela en détails.

Dans le fond, en réfléchissant bien, je me contrefous de ce que tu aies abaissé la fonction présidentielle au niveau des latrines. Sans être mitterrandiste pour un sou, j’ai toujours été un opposant convaincu de la Ve république entre autres raisons parce qu’elle transforme le Président en monarque républicain oint de l’onction suprême : celle du suffrage universel. Tu as d’ailleurs, Nicolas le petit, bien des points communs avec le premier président élu par le peuple : Louis-Napoléon Bonaparte, alias Napoléon le petit à qui tu dois le surnom dont je t’affuble.

Je me fiche également de ce que tes sinistres dévalorisent la fonction ministérielle comme jamais. Cela m’a heurté mais, dans le fond, tu les as choisis à ton image : suintant la haine, avides de pouvoir, méprisant pour le commun, imbus de leur propre ego jusqu’à provoquer l’écoeurement.

Je suis content, ce matin, que tu puisses te rendre compte de la réaction des vrais gens, de ce « peuple » dont tu te dis le défenseur après l’avoir si violemment maltraité pendant cinq ans. Tu as été hué, conspué, insulté. J’ai adoré voir ces images et je ne m’en lasse pas. Je crois que j’aurais encore plus aimé que l’un de ces anonymes siffleurs te prenne au mot que tu as envoyé à ce pêcheur, tu te rappelles c’était en novembre 2007. Tu avais déclaré : « Descend si tu es un homme », alors que tu étais entouré de gardes du corps, pandores et autres poulets avec ou sans uniforme. Tu rajoutes la lâcheté au mépris. Tu mérites bien la bonne gauche que nous sommes nombreux à rêver de te coller.

Va te cacher couard !

Une fois ce contentement proclamé et assumé, je me rends bien compte que tout cela fait ton affaire, espèce de boutefeux. Depuis que tu es entré en campagne – disons depuis juin 2005 et ton kärcher – , tu ne cesses de chercher à diviser les habitants de ce pays, à exacerber les tensions, à aviver les haines. Tu es un George W. Bush 2e campagne. Et, le pire dans tout ça ! c’est que tu pourrais gagner si le premier tour permet à ton copain Flamby d’être ton challenger.

Il te croit tant discrédité qu’une tanche pourrait te battre à plate couture. Tu fais bien tout pour le conforter et je ne saurais t’en blâmer. Tu te sens pousser des ailes puisque, depuis le plantage magistral de Marine Le Pen face à Mélenchon, tu ancres ta campagne dans ses valeurs à elle, celles de l’extrême-droite et du « choc des civilisations ». Dans sa Réponse au chanoine de Latran, Jean-Luc Mélenchon, oui mon candidat, a bien montré que cette vision est ton seul point de sincérité politique. Face à toi, le dédain et l’argumentaire classique ne sont pas suffisants. Tu cherches et réussis à cliver. C’est ton but, tu veux de cette France coupée en deux, peu t’importe si tout cela finit très mal. Tu auras semé le grain pour tes successeurs, il y aura bien des Rick Santorum français pour prendre ta relève.

Mais ne t’emballe pas trop vite, petit être empli de suffisance et de certitudes. Les faits peuvent paraître te donner raison aujourd’hui. Mais il reste encore un mois et presque trois semaines avant le premier tour. D’ici là, nous aurons fait place au peuple et tu pourrais te retrouver face à nous au second tour. Ce serait ballot, parce que là, tu perdras. Nous, nous relevons le gant : et de la lutte des classes et de l’affrontement sur les valeurs. Ce qu’Hollande a peur de faire ; nous, nous l’assumons. Nous sommes cette France que tu détestes : celle des Jacqueries, celle de 1793, celle de juin 1848, celle du 18 mars 1871, celle qui occupe les usines en 1936, celle qui a chassé les nazis de France… Cette France métissée, diverse, rebelle et fière, celle qui guillotine les rois, la France républicaine.

Cette France-là me fait dire, ce vendredi 2 mars au matin, je suis un « indépendantiste basque » !

Je ne te salue pas, salopard.

Paris 18e arrondissement

Post Scriptum : Au fait, tu te rends bien compte que le hashtag de ta campagne sur twitter : #NS2012, ça fait quand même National-socialiste ? C’est fait exprès ? Ah.. D’accord.

Bonus Hadopi: télécharge librement Des Kontrol « Altxa Gaitezen Rude Boy Bastard »

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Bonus vidéo : Kortatu « En la linea del frente »


« Sommet de crise » : l’UMP prend les syndicats en otage

Avec mise à jour en fin de note

A croire que la politique n’est plus qu’affaire de communication. Nous savons depuis longtemps le gouvernement en décalage par rapport aux attentes des Français. Nous avons appris, à nos dépends, que rien de le retenait, ni de la mauvaise foi, ni de la duperie, ni de l’arrogance la plus éhontée. A quelques mois de la présidentielle, alors qu’il ne dispose d’aucune marge de manœuvre pour prendre des décisions – son calendrier est déjà bien chargé – le voilà pourtant qui ose convoquer les organisations syndicales pour un « Sommet social ». Il a lieu demain. Si mon agenda le veut bien, je serais dans la rue à l’appel de mon syndicat à moi.

18 janvier 2012 : manifestation à 14 h de la place de la Bourse à la place saint Augustin

C'est la rue qui gouverne

Quel coup de comm’ quand même que ce sommet ! Après deux plans d’austérité, en pleine affaire du triple AAA, alors que le président de la République a déjà annoncé qu’il utilisera les derniers jours de la session extraordinaire du parlement pour imposer la TVA sociale, alors qu’il s’est ridiculisé avec cette affaire de SCOP pour SeaFrance, quelles mesures concrètes peut-il avancer qu’il sera en capacité de faire appliquer avant que les députés et sénateurs ne soient obligés, pour cause de campagne électorale, de prendre congé ? Nibe et peau de balle.

De fait, mise à part la confirmation de la TVA sociale et son application à marche forcée, on ne voit rien d’autre qui pourrait sortir de ce sommet devenu, depuis vendredi, un « sommet de crise ». A croire que les organisations syndicales sont prises en otage par les nécessités de campagne d’un camp politique en panique. Car, même si la perte du AAA suite à la dégradation de Standard and pauvres constitue une bonne nouvelle pour les communicants de l’UMP, la droite apparaît bien en difficulté à tous les niveaux.

J’ai plutôt le sentiment que Sarko et sa bande vont profiter de ce temps pour présenter les grandes lignes sociales du programme de l’UMP et de son candidat à l’élection dite « suprême ». Le tout aux frais de l’État et donc du contribuable. Ça, ce doit encore être un coup de la « république irréprochable ».

Sera-ce le moment choisi donc pour annoncer la suppression de la 5e semaine de congés payés chère à Christophe Barbier ? Le gouvernement, pardon, le candidat UMP en profitera-t-il pour lancer officiellement le projet de mettre en place, s’il est élu, la semaine de 37 heures ? Va-t-il avoir le courage de dire qu’il veut plus de flexibilité pour les salariés alors que la France reste le pays dont les travailleurs restent les plus productifs d’Europe ? Mais quand pourra-t-il mettre en œuvre ces belles idées qu’après les élections législatives ?

Sarkozy

Ce « sommet de crise » est un pur foutage de gueule. Sa tenue même est une insulte faite aux organisations syndicales. Bien sûr, on ne refuse pas, en République, une invitation du gouvernement. Donc, reste la rue. Demain. Et les urnes pour mettre une bonne gauche à cette droite qui ose tout et, comme le disait Michel Audiard, c’est même à ça qu’on la reconnaît.

Mise à jour 15h38 mardi 17 janvier

Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) et Bernard Thibault (CGT) ont affiché mardi leurs convergences anti-austérité, à la veille du sommet de l’Elysée que tous deux jugent « anti-social ».

Après une rencontre d’une heure trente au siège de campagne du Front de gauche aux Lilas (Seine-Saint-Denis), les leaders de deux délégations ont tenu une conférence de presse commune, en présence de Pierre Laurent (PCF). Jean-Luc Mélenchon s’est dit « très ému et honoré » que la CGT « ait eu l’élégance de venir à notre siège de campagne », soulignant que cette rencontre avait pour intention de « démonter la comédie qu’a préparé le chef de l’Etat avec son soi-disant sommet social » qui va « tourner à l’eau de boudin ».

Conclusion : ce sera « encore plus d’austérité », a-t-il dit, qualifiant Nicolas Sarkozy d‘ »homme aux abois qui gesticule comme quelqu’un en train de se noyer ».

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Bonus vidéo : The Ramones « Blitzkrieg Bop » (live)


La France perd son AAA, Sarko respire

Ca y est ! Enfin ! A l’Elysée, et surtout rue de la Boétie, l’humeur morose de ces dernières semaines cède la place à quelques sourires. On a eu très peur là-bas : les Etats-Unis, ces traitres gauchistes, recréaient de l’emploi et annonçaient une reprise mondiale. Mais heureusement, l’agence de notation Standard & Poor’s fait enfin ce que Nicolas le petit attendait depuis longtemps : elle a annoncé ce vendredi 13 janvier qu’elle allait dégrader la France, qui va perdre son AAA. Bien sûr, cela faisait longtemps que la rumeur annonciatrice courrait. Il fallait le temps de préparer l’opinion, de lui faire prendre conscience de la gravité de la situation ainsi générée. Nicolas le petit a, pour tenter de nous en convaincre, laissé « filtrer » que cette perte causerait la sienne. Dans le fond, il n’en est rien. Certes, les sondages laissent apparaître que le chef de l’Etat n’est pas jugé crédible pour sortir le pays de la crise…

Le siège de campagne de l'UMP

J’ai écrit ici, et encore là, pas plus tard que quelques heures plus tôt, que la crise, ou dite « crise », constitue le dernier espoir pour la droite d’éviter la défaite, face à la montée inexorable du Front national. Je maintiens et je vais expliquer pourquoi, un peu plus en détail. J’avais commencé au travers d’une note sur la rigueur. Donc, repartons de là.

Le désaveu dont souffre le chef de l’Etat en matière économique est un désaveu personnel. Dans l’ensemble, les Français font plus confiance à la droite en période de difficultés économiques qu’à la social-démocratie. Cette dernière n’en revient toujours pas d’une telle ingratitude, elle qui a négocié si brutalement le tournant de la rigueur en 1983. Et oui, la gauche apparaît toujours dépensière, jetant par la fenêtre de la solidarité l’argent durement gagné par les actionnaires.

Le président à l'annonce de la perte du AAA

Elle a bien tenté, ces dernières années, cette fameuse « gôche », de donner des gages qui aux marchés qui aux téléspectateurs de TF1. François Hollande a assumé la « règle d’or » qui interdit les déficits publics, calant ses pas sur ceux de la vraie droite. Rien n’y fait. La social-démocratie n’est toujours pas crédible pour mener à bien l’austérité et le cortège de malfaisances qui l’accompagne. Elle pourrait s’en réjouir, elle s’en plaint.

Du coup, pour la droite, l’accroissement des difficultés économiques, c’est du pain béni. Le premier ministre n’a jamais été aussi populaire que lorsqu’il a clamé être « à la tête d’un état en faillite ». Ca, ça fait sérieux. C’est du solide. On peut gentiment dérouler le tapis des infamies : hausse de la TVA, mise en place de la TVA sociale, baisse des prestations sociales… Le troisième plan de rigueur pourra enfin être annoncé, comme prévu, en février ; et le candidat de droite d’en appeler, en mars, la mine contrite et la main sur le cœur, la larme à l’œil, qu’il va y avoir « du sang et des larmes ».

Ce soir, Sarko va se payer une andouilette AAA

Déjà, les communicants de la rue de la Boétie et de Matignon sont à l’œuvre, ça va faire de beaux discours sur l’unité de la Nation, les nécessaires sacrifices pour le bien du pays, tout ça. Hollande et Valls pourront tout dire et tout faire, qu’ils seront plus austères que les autres, les résultats sont là : la social-démocratie ne gagne, au niveau national que pour accompagner les reprises économiques. Comme en 1997.

Rue de la Boétie, on respire. A l’Elysée, on se prend à rêver que tout n’est pas perdu et que Sarko pourrait finalement y aller. Pensez, une crise économique – avec dégradation – c’est autre choses que quelques petites affaires judiciaires…

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Bonus vidéo : EPMD « Strictly Business »


Et si #Sarko ne se représentait pas

Certes, le titre de cette note peut paraître provocatrice. Mais, contrairement à d’autres écrits, il ne s’agit ni de politique fiction ni de raillerie saignante. De plus en plus de signes s’accumulent qui pourraient amener tout simplement Nicolas le petit à ne pas se représenter aux suffrages du peuple. Je veux évoquer par là, la multiplication des « affaires » dans lesquelles le nom du Président de la république apparaît.

La dernière en date a été mise à jour par le quotidien Le Monde dans son édition du jeudi 12 janvier. Sous le ministère de Nicolas le petit, alors domicilié à l’Intérieur, nous sommes début 2007, des membres de la, normalement, irréprochable Inspection générale des services ont monté un dossier à charge pour écarter des hauts fonctionnaires de la Police nationale. Leur manipulation s’est soldé par des suspensions, c’est à dire l’incapacité d’exercer son métier et, accessoirement, de percevoir son traitement, pendant quelques années pour cinq haut gradés. Le motif de cette sale affaire ? Les victimes étaient réputées sinon membres, à tout le moins proches, du Parti socialiste. Dans ce micmac, le Préfet de Paris est cité comme « témoin assisté », le dernier stade avant la mise en examen.

Plus tôt, le nom de « Sarkozy », cette fois ès qualité de ministre du Budget, a été prononcé par un témoin comme ayant donné son aval à la constitution d’une société écran basée au Luxembourg et destinée à récupérer les fameuses rétro-commissions dans le cadre de la vente de sous-marins au Pakistan. Cette histoire est connue sous le nom désormais célèbre de « Karachigate » et l’étau semble ne cesser de se resserrer autour du cou de notre monarque républicain.

Il y a bien sûr l’affaire Woerth-Bettencourt, et ces dons en espèces auxquels la désormais ex-comptable de la femme la plus riche de France dit avoir procédé pour financer la campagne de Sarko en 2007. Le financement de la dite campagne fait désormais l’objet de l’attention des juges.

J’en passe et de nombreuses, dans la liste des affaires politico-judiciaires dans lesquelles, de près ou de loin, Nicolas le petit apparaît, sinon mêlé, tout du moins trop proche pour ne pas être vraiment blanc comme neige.

Sarkozy

C’est peu de dire que sa « république irréprochable » a du plomb dans l’aile. En comparaison, Jacques Chirac, ses emplois fictifs et son compte présumé au Japon font figure de gentils garçons pris les doigts dans le pot de confiture. Il faut plutôt remonter à la fin de règne de Valéry Giscard, dit d’Estaing, pour sentir un parfum d’excréments et de scandale aussi entêtant. A croire que l’atlantisme ne réussit guère à la morale des présidents qui en sont adeptes. Mais, brisons là, l’alignement politique sur les États-Unis n’est pas le sujet. Je ne peux que m’amuser à relever qu’ils ont aussi adopté les manières de faire dans la politique ultra-atlantique.

Alors, oui, bien sûr, la première pensée qui nous vient, qui me vient à moi en tous les cas, est « mais avec toutes ces casseroles, se représenter est le strict minimum pour essayer de conserver l’immunité présidentielle ». Pas faux. Comme j’attache beaucoup d’importance à mon point de vue, je ne vais pas me porter en faux contre moi-même. Et pourtant, je pourrais bien me tromper. Parce que Nicolas le petit hait, plus encore que la curiosité de la presse, la perspective de perdre une élection. Son dernier échec en date, l’élection européenne de 1999, l’a amené au bord de la dépression nerveuse et de la tentation de Venise.

Il pourrait donc bien décider de s’éviter l’affront d’une défaite de plus en plus assurée, menacé qu’il est par les gars de la Marine et les sociaux-démocrates, la presse dixit. Enfin, son électorat est bien divisé entre le candidat toujours à venir de l’UMP, Dominique de Villepin, François Bayrou, Nicolas Dupont-Aignan et, possiblement, Hervé Morin et Christine Boutin. La multiplication de ces candidatures de droite rendant de plus en plus plausible la perspective d’un « 21 avril à l’envers ». Et comme la crise semble s’atténuer, l’assurance réélection s’éloigne en mesure.

Je dois bien avouer que, en novembre dernier, quand j’ai lu pour la première fois des journalistes pariant sur le remplacement de Nicolas le petit par le vieux Juppé en mars de cette année, j’ai bien failli m’étrangler avec mon eau de perrier. Mais, là, je comprends mieux ce qu’ils supputaient alors. Au final, lui mettre une bonne tannée électorale en mai prochain me ravirait grandement. Mais le fait qu’il ne se représente pas serait déjà une victoire pour la morale en politique.

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Bonus vidéo : Lofofora « Anarchie en Sarkozie » (reprise de Métal Urbain)


François et Jean-François font du pédalo – acte 1 scène 3

Cet article est rédigé en tenant compte des consignes de la rue de Solférino et de Libération :

  • François Hollande est de gauche ;
  • François Hollande est le seul à pouvoir battre Nicolas Sarkozy ;
  • François Hollande a un programme en béton armé pour battre la droite ;
  • Tu ne diras JAMAIS de mal de François Hollande.

Suite de notre saga théâtrale François et Jean-François font du pédalo.

 Sarko ou Hollande

Acte 1 scène 3

Jean-François C. est seul au restaurant ; devant lui, la presse du jour côtoie des notes, il appelle un correspondant depuis son téléphone portable. Sur l’autre partie de la scène, séparée par un rideau, François H. est assis seul dans son bureau au siège de sa campagne, le plateau de son bureau est vide.

Jean-François C. (le ton est faible, on le sent fatigué) :
François, c’est moi…

François H. (enjoué) :
Oh, Jef ! Salut, ça me fait plaisir de t’en…

Jean-François C. (le coupe vivement) :
Pas moi ! Ça ne me fait pas plaisir d’avoir encore à t’appeler !

François H. (surpris) :
Quoi ??? Tu peux rien me reprocher ! Je fais tout ce que tu m’as dit ! J’ai publié une tribune dans Libé, j’ai fait le 20 heures chez Claire ! Je suis allé à Jarnac, chercher les mânes du vieux… J’ai monté le ton ! Je l’ai même traité de « Sale mec » !

Jean-François C. (dépité) :
Tout ça pour dire quoi ? Je t’avais dit de faire une campagne de gauche… Et tu continues dans le grand n’importe quoi. Heureusement qu’il y Eva Joly pour dire que tu es le « champion de la gauche ».

François H. :
Ah… Tu vois ?

Elles sont belles mes salades !

Jean-François C. :
Sauf qu’elle dit aussi qu’il faut « tendre la main » à François Bayrou…

François H. :
Mais moi je suis d’accord avec elle sur ce point…

Jean-François C. (le coupe encore plus violemment) :
Mais non ! Tu es de gauche, je te rappelle ! Bayrou, il est de chez nous : de droite ! Tu vas comprendre ça, crétin ?

François H. (on entend son souffle un peu paniqué) :
Mais…

Jean-François C. (tentant de se contenir) :
Bayrou, c’est la famille, la mienne. Regarde, je lui envoie le soutien de Douste-Blazy. Comme je lui coupe les parrainages des maires, demain, la Boutin viendra le soutenir. Voilà, ça c’est la droite, tu vois… Rien à voir avec le centre, puisque le centre ça n’existe pas. Et comme tu t’y prends comme un manche, je suis obligé de doper cet abruti du Béarn pour piquer des voix à Nicolas le petit.

François H. :
C’est gentil ça, Jeff…

Jean-François C. (hurle) :
Ne m’appelle pas Jeff !

François H.(tentant de se rattraper) :
Mais… Mais… Tu as vu les sondages ?

Sale mec

Nicolas, tu as une tâche sur ton costume, c'est sale, mec.

Jean-François C. :

Justement… Tu as encore perdu des points.

François H. :
Mais je reste en tête de la gauche…

Jean-François C. :
Ouais… Tu crois vraiment que je vais pouvoir longtemps tenir les journaux avec des sondages bidon ?

François H. :
Tu veux dire quoi ?

Jean-François C. (étouffant un rire) :
Je veux dire que… en vrai, Mélenchon est à 14 % et qu’il faut que j’use de toute mon influence auprès des instituts de sondage pour qu’il sorte en fait à 6 % et que j’envoie Zemmour pour faire le service après-vente sur le thème « les ouvriers votent Le Pen ». Mais ça ne va pas pouvoir durer longtemps…

François H. :
Comment on va faire alors ?

Jean-François C. :
J’ai commencé… Tu crois vraiment que ma sortie sur les « minables qui gagnent moins de 5 000 euros », c’était pour faire joli ?

François H. :
Ah ! Moi, je suis d’accord avec toi Je… heu chef.

Jean-François C. (au bord de la crise de nerfs) :
Je sais… Je sais… Je sais… C’est ça mon problème…

François H. :
Tu pleures ?

Jean-François C. (étouffant un sanglot) :
J’espère que ça va bien le flinguer l’autre hystérique de l’Elysée… Parce que sinon, je vais pleurer pendant longtemps. Ça, c’est sûr.

(rideau)

 

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L’Etat-UMP puissance coloniale en Seine-Saint-Denis

Ça fait un petit moment que je me dis qu’il me faut évoquer ici l’attitude de l’Etat-UMP en Seine-Saint-Denis. Et puis, au fil des discussions ici et là, ce besoin s’est fait plus pressant. Il me paraît que, pour de bon, l’État, dans ce département, ne joue plus son rôle républicain. Je suis intervenu sur ce sujet lors d’un conseil national du Parti de Gauche, il y a quelques mois ; malheureusement, si les choses ont changé, c’est en pire.

Voilà donc mon analyse : en Seine-Saint-Denis, l’État est devenu partisan au point de se comporter comme une puissance occupante. Ce département, cher à mon cœur vous le savez, ne fait plus véritablement partie de la République française. A voir comment l’État fonctionne ici, on se croirait revenu au vieux temps des colonies. Le Préfet tient le rôle d’un gouverneur général et les parlementaires UMP modifient les lois pour lui permettre de prolonger son mandat de pro-prêteur au-delà de la limite d’âge fixée aux agents de la fonction publique et au-delà du mandat présidentiel de sa majesté Nicolas l’inique.

La Seine-Saint-Denis vue par l'UMP

La Seine-Saint-Denis vue par l'UMP

Que dire encore des modes d’action de ce qui fut autrefois digne du nom de « Police nationale » ? En lieu et place d’une présence de terrain ; d’une présence effective permettant de connaître la rue et ses problèmes ; d’une lutte quotidienne contre l’économie souterraine qui s’avère un vrai problème dans bon nombre de nos quartiers, les hommes en bleu s’enferrent –  sur ordre de la place Beauvau – dans un cycle infernal de provocation-répression avec les bandes délinquantes.

Qu’il soit bien clair entre nous : il y a des vrais problèmes de délinquance en Seine-Saint-Denis. Le nier, faire comme si cela n’existait pas, serait irresponsable. Est-ce pour autant la seule caractéristique de ce département ? A l’évidence, non. On peut d’ailleurs se poser la question de savoir pourquoi, au-delà du jeu des apparences et des sorties médiatiques du Vizir Guéant, des quartiers entiers, par hasard ceux où sévit la criminalité la plus dure, sont laissés à l’écart des opérations de police… Je ne fais pas le procès ici des fonctionnaires de la Police nationale. Je questionne plutôt l’attitude du ministre de l’Intérieur et des collectivités locales.

Ces dernières, en effet, sont laissés seules face à l’ampleur des problèmes : les réformes successives de la politique de la ville, la baisse des dotations d’État, le recul des services publics décentralisés ou déconcentrés, sont tels que l’action publique n’est plus présente dans nos quartiers que sous la forme de l’école élémentaire et des passages irréguliers des voitures de la BAC. Il n’y a guère, pour l’essentiel, que dans les municipalités communistes ou qui l’ont été longtemps que des équipements publics importants ont été installés dans les quartiers dits « chauds » : une médiathèque aux 4.000 à La Courneuve, un centre municipal de santé à Montreau-Le Morillon à Montreuil, pour ne citer que deux exemples.

Rendez-nous une police républicaine

Le sinistre de l’Intérieur Claude Guéant a dû en prendre conscience, qui propose la mise en place de milices privées encadrées par des « retraités » de la Police nationale. « Au bon vieux temps des colonies » aussi, les colons pouvaient s’armer contre les « indigènes » dont la vie ne valait pas tripette. Ho certes, ils avaient un statut ces indigènes, mais leur voix comptait bien peu. Ben, en Seine-Saint-Denis, c’est pareil. De toutes les façons, sauf dans quelques enclaves comme Le Raincy ou Rosny, les Séquano-Dyonisiens, quand ils votent, votent à gauche. A quoi bon les considérer comme des êtres humains à part entière ?

Dans ce contexte, les sociaux-démocrates de Claude Bartolone jouent aujourd’hui, hormis la partition politicienne qui leur sied bien, le rôle de supplétifs de l’Etat-UMP. Force est de constater aussi que leur adversaire est bien plus le Front de Gauche que la droite, mais j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire. Je vais donc éviter de me répéter.

Quoi qu’il en soit, je veux croire que les élections législatives et présidentielles seront l’occasion de changer la donne politique et citoyenne en Seine-Saint-Denis. Et que le changement de majorité auquel j’aspire se traduira par une nouvelle politique publique au quotidien dans l’ensemble des villes et quartiers séquano-dyonisiens.

l'hymne de Christian Lambert

La chanson préférée de Christian Lambert

J’ai bien peur que le constat que je dresse, effrayé pour la Seine-Saint-Denis ne soit valable aussi pour certains coins de l’Essonne ou du Val-de-Marne… A vous, lecteurs, de confirmer ou d’infirmer.

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Bonus HADOPI : téléchargez Laid Thénardier « Honorée Patrie (Non merci) »

 

Bonus vidéo : Haine Brigade « Face à face »

 


François et Jean-François font du pédalo

Cet article est rédigé en tenant compte des consignes de la rue de Solférino et de Libération :

–         François Hollande est de gauche ;

–         François Hollande est le seul à pouvoir battre Nicolas Sarkozy ;

–         François Hollande a un programme en béton armé pour battre la droite ;

–         Tu ne diras JAMAIS de mal de François Hollande.

Acte 1 scène 1

Jean-François C. est dans sa voiture, il appelle un correspondant depuis son téléphone portable.
Sur l’autre partie de la scène, séparée par un rideau, François H. assis devant son bureau, répond à un appel téléphonique.
Un éclairage sur chacun des deux protagonistes.

 

Jean-François C. (le ton est ferme, on le sent en proie à l’agacement) :
François, ça suffit ! Vous faites n’importe quoi ! Ce n’est pas ça dont nous sommes convenus.

François H. (tombant des nues) :
Mais heeeuu… J’ai tout fait comme tu m’as dit, Jef.

Jean-François C. :
Non, ça ne vas pas ! Tu incarnes la gauche, je te rappelle !

François H. :
Ben, j’essaie. Qu’est-ce que tu me reproches encore ?

Jean-François C. :
D’abord, pourquoi tu viens sur notre terrain de jeu avec « donner du sens à la rigueur » ? Ensuite, pourquoi est-ce que tu lances déjà la perche en direction de Bayrou ? Tu es stupide ou tu le fais exprès ?

François H. :
Ben quoi ? Tu m’as bien dit de…

Jean-François C. (le coupant, très énervé) :
Je ne t’ai jamais rien dit de tel. Arrête de faire ta Ségolène. Tu ne te rappelles pas pourquoi elle a perdu ? Pour le moment, tu es le candidat du PS ! Faut que je te l’explique sur quel ton ? Et arrête de faire le matamore avec le Front de Gauche et les écolos ! C’est ridicule et personne ne te trouve crédible.

François H. (la voix triste) :
C’est Attali qui m’a dit…

Jean-François C. :
Depuis quand est-ce qu’Attali compte ? C’est entre toi et moi cette affaire.

François H. :
Mais si je fais comme tu as dit, je vais gagner ! Je rassemble la gauche et Sarko est battu.

Jean-François C. :
Ne t’occupe pas de ça. Tu gagnes, tu fais la politique que nous ne pourrions pas mener, avec toutes les privatisations et la casse de la sécu, tout ça… Comme on t’a appris à l’ENA. Et, dans cinq ans, c’est moi le Président, je parachève la révolution conservatrice. Tu ne crois quand même pas que je vais continuer à tapiner pour ce crétin de Neuilly quand même ?

François H. :
Mais heeeuu… Je ne veux pas gagner moi !!!

Jean-François C. :
Le problème, François, c’est que cela commence à se voir… Alors, tu vas dire à tes amis comme Jack Lang d’arrêter de cogner sur Mélenchon et Eva Joly. Ca fait désordre. Tu es au dessus de la mêlée, tu es le prochain président. Tu es fort, tu es beau, tu es le meilleur.

François H. :
Tu crois Jef ?

Jean-François C. :
Arrête de m’appeler Jef ! Appelle-moi chef !

François H. :
Mais quand même… Si on gagne, il va falloir faire alliance avec les Verts et les Communistes. Sinon, ça fera désordre. L’électorat ne comprendrait pas.

Jean-François C. :
Ca, c’est le vrai problème. Et c’est bien pour ça que je te dis d’arrêter de cogner sur tes alliés espèce d’abruti !

François H. :
Mais heeeuu… C’est lui qu’a commencé avec le capitaine de pédalo.

Jean-François C. (étouffant un rire) :
Faut dire que… Bon, ça suffit ! Ecoute-moi : ni Mélenchon ni Joly ne veulent faire alliance avec toi en vrai. Mais il faut que tu les obliges sinon mon projet est par terre : Mélenchon incarnera durablement l’alternative. Et moi, je serais foutu en 2017. (Il reprend son souffle, réfléchit) Imagine, si tu continues comme ça, il pourrait être au deuxième tour !

François H. :
Mais ils me font peur ! Ils veulent un pôle bancaire public ; ils veulent le SMIC à 1 700 € ; ils veulent rompre…

Jean-François C. :
Ceux qui nous paient ont peur aussi ! C’est pour ça que tu dois les corrompre ! Alors, tu te remets au travail. Et rappelle-toi : tu es de gauche. Répète après moi : « Je m’appelle François H et je suis de gauche ».

François H. :
Tu veux vraiment ? Personne ne va me croire après tout ce que j’ai fait et dit jusqu’à présent…

Jean-François C. :
Article 1 de la communication politique : ce qui compte, ce n’est pas la réalité ; c’est la manière dont les gens la vivent. Les gens sont persuadés que tu es de gauche et les médias se chargent de convaincre les récalcitrants. Donc…

François H. :
En vérité, tu es trop fort Jef… heu… Chef.

 

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Bonus vidéo : Christophe et Olivia Ruiz « Les Marionnettes »


La politique de l’UMP accroît le chômage

Le jour se lève et c’est l’annonce des chiffres du chômage pour octobre 2011. Les premiers qui ont un lien direct avec les politiques d’austérité du gouvernement. Conformément à toutes les prévisions possibles, « ils ne sont pas bons », a cru bon de prévenir l’ineffable Xavier Bertrand, ministre du Travail et des Affaires sociales, dans une allocution radiophonique dimanche 27 novembre au soir. Cette nouvelle hausse est le résultat très concret de la politique du gouvernement.

Ce n’est un secret pour personne, à l’intérieur du système capitaliste, la croissance française a cela de spécifique qu’elle est portée essentiellement par la consommation des ménages. Or, cette dernière stagne depuis 2007. Les soubresauts de l’économie mondiale qualifiés de crise ont eu pour effet une hausse de l’inflation et un renchérissement du crédit malgré les baisses de taux directeur opérées successivement par la Banque de France et la Banque Centrale européenne. Cette dernière a fait passer son taux directeur de 1,5 % à 1,25 % le 3 novembre dernier. Sans que cela n’ait d’effet à ce jour sur le recours au crédit auprès des particuliers.

Il faut dire que, quelques jours plus tard, le 7 novembre pour être précis, le gouvernement a annoncé son 2e plan d’austérité après celui exposé en août dernier. Selon le journal Le Monde, en date du 9 novembre courant, le montant des mesures d’austérité touchant les ménages s’élève à 13 milliards, quand les entreprises sont mises à contribution à hauteur de 4,4 milliards d’euros (dont 1,1 milliards pour les seules grandes entreprises). 13 milliards donc, autant en moins que les Français vont consommer quoi qu’en disent les spécialistes autoproclamés comme Jean-Marc Sylvestre.

C’est d’autant plus violent comme mesure que ceux qui consomment finalement le plus sont les ménages les plus modestes. Et pour cause, la consommation n’est pas extensible à l’infini. Aujourd’hui, pour parer au plus pressé, les Français en viennent même à puiser dans leur épargne. Cela a un vrai effet sur l’économie réelle. En effet, la première victime de ces prélèvements, auxquels s’ajoute une baisse des versements, c’est l’Assurance vie. Ce placement à long terme a pour vocation première de financer les emprunts réalisés par l’Etat pour mettre en œuvre son action.

Moins les emprunts d’Etat sont financés par l’Assurance vie, plus la puissance publique doit se retourner vers des solutions de financement auprès des institutions financières… Lesquelles ne manquent pas d’augmenter leurs taux d’intérêt accroissant mécaniquement la dette que la cure d’austérité devait faire diminuer. Cela montre bien que, effectivement, la dette n’est qu’un prétexte. Elle est le dernier argument de communication créé par l’idéologie libérale, j’ai écrit à ce sujet, mais vous renvoie volontiers à l’article rédigé par l’ami Des Pas Perdus.

Au final, donc, nous assistons à un rétrécissement de la consommation donc, qui engendre une diminution de l’activité. Du coup, les grands groupes industriels et financiers prennent des mesures conservatoires : le fameux plan social. Le premier à avoir dégainé est le groupe PSA avec 6 000 suppressions de postes dont 4 000 en France. Quoi qu’il en soit des effets d’annonce, Areva est désormais sur les rangs. Et combien d’autres vont tomber dans les semaines qui viennent jusqu’au prochain plan d’austérité gouvernemental ?

Voilà pourquoi le chômage dépasse un nouveau record depuis 2000 pour se rapprocher dangereusement des 3 millions de personnes officiellement reconnues comme en recherche d’emploi par Pôle Emploi. Xavier Bertrand peut déplorer cette réalité. Il n’a qu’à s’en prendre à François Baroin et François Fillon.

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Bonus vidéo : The Brigades « The Rise And Fall Of Mister Brown«